DÉDICACE
Mon cher Comic de Champagne,
Une civilisation n’a jamais e'té qu’une Aristie. Celle du Nom aujourd’hui porte lambel pe'ri, lion diffame', écu senestre et toutes brisures. Celle du Livre seule a lieu : et l’écrivain qui fait le plus d’honneur à sa province ne peut-il pas s’en titrer?
Comme notre cher Barbey d’Aurevilly est duc de Normandie, Vous êtes Comte de Champagne.
Comte de Paris, au même titre, honni soit qui mal y prétend car, méchante, niaise, jaune d’envie, de bê tise immonde, la Saturnienne Province égorge ses plus beaux enfants s’ils ne se réfugient en la bonne Ville, rVRBS profane; elle ne sait pas de ses mains laides et griffeuses, tresser de couronne et ne se résigne à admirer qu’à la clameur de Lutèce, sur une tombe.
En un point qui Vous touche fort, Paris est provin-
cial, il cliché la spécialité d’un intellectuel, fùt-il le plus ondoyant et divers ; et se fâche des ondoyances et des diversite's.
Le malheur dans Votre vie jupiteriennc, acte lapolvgraphie.
Le poète des Poèmes romantiques, des ou~^e mille vierges et de Sapho fait tort au philosophe des Destinées de Vdme et l’historien de Léonard nuit au romancier des Grandes Dames. On oppose le directeur de la Comédie-Française au directeur de l'Artiste,
1 inspecteur des Beaux-Arts à l’homme à la mode ; et le violon de Franjolé, distrait de la Galerie du di.rhuitième siècle.
Vous avez touche a trop de choses et d’une main lumineuse, et Vous voila en Aristide du Romantisme qui a lassé l’opinion à varier ses mérites.
Donner de beaux livres et en meme temps les plus belles letes de Pans; restaurer le.,i/n,e fauteuil, au menton glabre des quarante, ne peut se faire impunément.
Quand vous avez parlé pour Descartes ou Beaumarchais, on a cru que Vous citiez et quelques-uns s’étonnent de ne pas trouver Votre chanson de Béranger parmi les siennes. Le premier. Vous avez découvert le dix-huitième criant c< Idéal » en vue de la Cythère pour laquelle Watteau appareilla.
Horace doublé de Mecenes, l’art ne Vous doit pas que