‹ FemmesChapitre 26 sur 27 · MON PETIT VOISIN ^IÇ · texte numérisé non relu

MON PETIT VOISIN ^IÇ

Mais lui m'avait pris les mains.

— Rire? Pas peut-être! Je ne ris pas du tout, Hortense. Vous êtes bien la meilleure femme que je connaisse... et vous me plaisez... Bou Dioul Cette nuit, si je n'avais pas eu peur de me rendre malade I

— Jean I

— Et vous m'avez si bien soigné. Avec vous, je suis bien tranquille. Je vivrai en ménage comme un canard qu'on gave. Allons, soyez gentille, ne dites pas non.

— Mais c'est de la folie... J'ai quatre ans de plus que vous.

— Trois et demi, d'abord... Et vous paraissez vingt et un ans, tout juste. Et puis, dans le pays, je connais des quantités de ménages où la femme est plus vieille que le mari. Il y a un nommé Piot... non, pas celui-là, un nommé Rouilles, qui a dix ans de moins que sa femme. Et un nommé Corbal a vingt-cinq ans de moins. Un nommé Lagatère...

Il n'arrêtait plus. Je dus l'interrompre :

— Ce serait mal de ma part d'accepter. Je

suis pauvre. Vous, à votre sortie de l'École, vous ferez un beau manage. Non, décidément, je ne veux pas.

— Eh bieni alors, répliqua Jean, c'est dit; si vous me laissez, je vais retomber malade, par votre faute, tenez I

Et il se remit à tousser, à fendre Tâme.

Ma foi, j'ai fini par dire oui. C'est entendu, je suis une vieille folle. On ne me morigénera pas plus que je ne le fais moi-même. Ce gamin me trompera, me fera cent misères... qui sait?... S'il m'aime, pourtant? Moi, je l'aimerai tanti et, sans oser me l'avouer, je l'aimais tant, déjàl Risquer les joies de ma vie actuelle, ce n'est pas risquer grand'chose. Je veux un peu d'amour, un peu de bonheur, comme les autres femmes.

Il y en a tant, dans ma condition, qui tournent mal. Avec l'aide du maire et du curé, c'est ma façon de mal tourner, voilà tout.

... Jean lève le nez de dessus son gros cahier :

— Si j'avais mis mes souliers dans la chemi-

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