‹ Femmes Poetes BretonnesChapitre 10 sur 46 · LA PKINCBSSB DE SALM-DYCK 4I · texte numérisé non relu

LA PKINCBSSB DE SALM-DYCK 4I

en fit la musique. Nous y trouvons ce vers charmant :

Un amant qui revient est-il jamais coupable ?

Madame de Salm dit quelque part : »

« J'ai composé Sapho pendant la Terreur. Je me sentais le besoin d'éprouver de fortes émotionsf et de m'isoler, au milieu des dangers. Ce drame m'occupa pendant une année ; il était terminé avant le Dix Thermidor et fut joué peu après ; je le dédiai à mon père :

O toi qui m'animas de cette pure flamme, De ce séjour de paix où repose ton âme.

Jette sur mes travaux un regard bienfaisant...

Un père généreux, agrandissant mon être, M'apprit, dès le berceau, ce que je pouvais être...

Une des dernières scènes de Sapho semble avoir été imitée dans Adrienne Lecouvreur.

Rachel eût été sublime dans cette scène vi, acte III.

Sapho (brusquement, d'un air égaré).

Pourquoi vous effrayer ? Non, je me sens tranquille. Je n'ai plus dans mon sein cette flamme inutile, Cet amour dévorant qui me suivait partout.

Au contraire, je sens un frisson, une glace, Un poids qui cependant me gêne et m'embarrasse ; Je ne sais... mais je crois que je souffre beaucoup !...

Sapho (montre le ciel, puis le rocher).

Je lui disais : là haut, lâ-bas, partout, ici,

N'est-il point là?... je le vois. — Oui !

Que me disiez-vous donc? Non, non, ce n'est pas lui! Ce n'est pas lui, ce n'est rien... je frissonne. Il n'est point là... cependant je le vois !

Jfe le vois là ! (elle chancelle,)

Non ! non, ma force m'abandonne.

Adieu, Phaon ! je meurs pour toi !

Quelle vérité de sentiments !... Voici maintenant son Epître aux femmes (fragment) :

Déjà plus d'une femme en sa fière vertu

Pour l'honneur de son sexe, ardente, a combattu.

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