SAINTE THÉRÈSE
Oh I choisis-moi pour ton amante,
Mon Sauveur, mon Christ adoré !
Prends-moi pour ton humble servante,
A genoux au temple sacré.
Pour ton esclave bienheureuse.
Qui veut qu'à ta croix glorieuse
Tous ses désirs restent liés .
Oh I non, j'ai dit plus que je n'ose :
Seigneur, prends-moi pour quelque chose
Où tu puisses poser les pieds !
Ah ! dans mon cœur cherche une place.
Place d'amour, place d'honneur.
Où devant ton nom tout s'efface.
Où tu sois à jamais vainqueur.
Non, monte encor. Vois dans mon âme.
MADAME KIOM iSg
Plus haut que la plus chaste flamme, Le trône où je veux t'élever.
Que je te suive où tu t'élances, Et que jusqu'à toi mes offenses Ne puissent jamais arriver !
A Jéricho, ville des roses.
Au bord du lac, près des palmiers.
Dans le Cénacle aux portes closes, Près des disciples bateliers, Oh ! laisse-moi toujours te suivre !
Un seul instant, laisse-moi vivre Avec Jean ravi de bonheur, Qui pendant la cène divine.
En s'endormant sur ta poitrine.
De ses lèvres pressait ton cœur.
Que ne puis-je, avec Madeleine, Vivre toujours â tes genoux, Et de l'amphore toujours pleine Verser les parfums les plus doux ; Te voir avec Marthe et Marie ; Pauvre femme de Samarie, Sans comprendre écouter ta voix ; Comme Lazare dans la bière, Me relever à ta prière.
Pour vivre en fadorant deux fois !
Oh ! viens, viens soulever mon âme ; Que vers toi monte mon amour, Avec les parfums et la flamme, Avec les chants, avec le jour ; Que ton souffle brûlant m'oppresse.
Qu'il puisse, en m'enivrant sans cesse.
Prendre ma vie en s'échappant, Comme le torrent des montagnes.
Qui, s'élançant dans les campagnes.
Brise sa digue et se répand.
(Légendes bibliques et orientales.)
RAOUL DE NAVERY i83i
RAOUL DE NAVERY
C'EST SOUS ce pseudonyme qu'écrivait Eugénie-Marie de Sâfray, née près de Ploërmel, en i83i, et morte le 17 mai i885, au château de Reuil (Seine-et-Marne).
Elle se maria au sortir du couvent, put dès lors se livrer à son goût pour la littérature et compléter son éducation, en visitant les principaux Etats de l'Europe.
Elle publia en i855 les Marguerites^ i vol.
de vers; La Crèche et la Croix (i856); les Prismes^ i vol. de vers (i858); un recueil de Pièces et de Mystères, destinés à être joués dans les couvents de jeunes filles.
Ses romans, au nombre de plus de 60, sont empreints d'idées catholiques. En voici quel-
ques titres : Un Drame Judiciaire ; Hermis le Corsan ; Jean-Marie ; la Fille du Coupeur de Paille; les Chevaliers de VEcritoire; la Femme d'après saint Jérôme ; la Confession de la Reine (1867); Pâtira^ etc.
Madame de Safray a aussi écrit sous le nom de Marie David.
MADAME SOPHIE HUE
MADAME SOPHIE HUE
MADAME Sophie Hue est née à Lorient.
Son père, M. Sachs, lieutenant de vaisseau, quitta la marine de l'Etat pour le commerce, en i8i5, et alla s'établir aux colonies, où il est mort.
La famille revint en France et Mademoiselle Sachs épousa à Lorient un magistrat, M. Benjamin Hiie, qui a fait toute sa carrière en Bretagne, et, depuis 1862, a été mis à la retraite comme président de chambre à la Cour de Rennes.
Mme Hue a publié en i865 les Maternelles^ I vol. in-i2. Elles ont obtenu un succès prodigieux : de nombreux tirages en ont été faits;
la cinquième édition, corrigée et augmentée, a paru chez Hachette, en iSjjS; une autre chez Piihonet Hervé, à Rennes, en i885.
Les Maternelles ayant été admirées et répandues partout, nos éloges sur cette publication seraient inutiles ; qu'il nous soit seulement permis d*ajouter qu'il est impossible de rencontrer une femme plus sympathique que Madame Sophie HUe.
Elle a un grand nombre de poésies en portefeuille. On espère qu'elle publiera bientôt un volume sous le titre de L'Oiseau bleu.