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3l8 rÉXELON APOLOGISTE DE LA FOI
Ces beaux sentiments furent comme une nuée bienfaisante, venant rafraicliir une terre longtemps desséchée par le vent cruel de l'ingratitude et de l'injustice des hommes.
Fénelon répondit par une longue lettre spirituelle. « Jamais rien ne ma tant consolé que la lettre que j'ai reçue. J'en rends grâce à Celui qui peut seul faire dans les cœurs tout ce qu'il lui plaît pour sa gloire. Il faut qu'il vous aime beaucoup puisqu'il vous donne son amour, au milieu de tout ce qui est capable de l'éteindre dans votre cœur... Je ne vous parle que de Dieu et de vous; il n'est pas question de moi, Dieu merci, j'ai le cœur en paix : ma plus rude croix est de ne point vous voir ; mais je vous porte sans cesse devant Dieu dans une présence plus intime que celle des sens. Je donnerais mille vies comme une goutte d'eau pour vous voir tel que Dieu vous veut '. »
La guerre de la succession d'Espagne offrit au duc de Bourgogne l'occasion de connaître la vie des camps. Le petit prince désirait fort d'aller à l'armée et Fénelon l'encourageait à demander au roi cette faveur. C'est à cette date qu'il reçut de Cambrai cette lettre d'un si beau langage : « Enfant de saint Louis, imitez votre père ; soyez comme lui, doux, humain, accessible, affable, compatissant et libéral. . . Le royaume de Dieu ne consiste point dans une scrupuleuse observation de petites formalités; il consiste, pour chacun, dans les vertus propres à son état... Un grand prince ne doit pa-^ servir Dieu de la même façon qu'un solitaire ou qu'un