I. Lettre de Chantérac à l'abbé de Beaiiniont
L'affection et la reconnaissance du prince accompagnèrent l'illustre exilé -.forîis ut mors dilectio.
Après un silence de quatre ans, le 22 décembre 1701, le jeune prince prit courage et mit une lettre de sa main dans le paquet que les amis de Versailles trouvaient moyen de faire passer secrètement à Cambrai.
« Enfin, mon cher Archevêque, je trouve une occasion favorable pour rompre le silence où j'ai demeuré depuis quatre ans. J'ai souffert bien des maux depuis ; mais un des plus grands a été celui de ne pouvoir vous témoigner ce queje sentais pour vous pendant ce temps, et que mon amitié augmentait pour vos malheurs au lieu d'en être refroidie. Je pense avec un vrai plaisir, au temps où je pourrai vous revoir, mais je crains que ce temps ne soit encore bien loin. Il fout s'en remettre à la volonté de Dieu, de la miséricorde duquel je reçois toujours de nouvelles grâces.
« Je lui ai été plusieurs fois infidèle depuis que je ne vous ai vu ; mais il m'a fait toujours la grâce de n\e rappeler à lui, et je n'ai. Dieu merci, point été sourd'à sa voix. Depuis quelques temps, il me parait que je me soutiens mieux dans le^chemin de la vertu. Demandezlui la grâce de me confirmer dans mes bonnes résolutions et de ne pas permettre que je redevienne son ennemi, mais de m'enseigner lui-même à suivre en tout sa sainte volonté... Adieu, mon cher Archevêque, je vous embrasse de tout mon cœur. Je vous demande vos prières et votre bénédiction ' . »
Louis.