‹ Fénelon, apologiste de la foi. Leçons données à l'Université catholique de Paris. Second centenaire de Fénelon, 1715-1915Chapitre 106 sur 122 · Œ. C, VII,p · texte numérisé non relu

Œ. C, VII,p

320 PKNELON APOLOGISTE DE I.A l'OI

Apprenant cette décision, Fénelon se hâta de faire passer des avis pleins de cette modération pratique et de ce bon sens partait qui sont le trait caractéristique des conseils sortis de sa plume : « Quand M. le duc de Bourgogne sera à l'armée, il aura raison de ne vouloir aucun excès de vin à sa table; mais il lui convient fort de continuer cette longue société de table et cette liberté de conversation pendant le repas qui a charmé les officiers dans la campagne dernière. . . Quand il y aura à l'armée quelque désordre de mœurs, il peut donner des ordres généraux bien appuyés pour les réprimer, mais il ne faut point qu'il descende dans des détails: on l'accuserait de tomber par scrupule dans la rigidité et la minutie '. »

Le duc de Bourgogne ht -Avec Vauban le siège de Vieux-Brisach. Il s'y exposa constamment avec une bravoure tranquille qui lui fit hoimeur. Le 7 septembre, après quatorze jours de tranchée ouverte, la place fut enlevée. Le prince quitta l'armée sur les ordres du roi et arriva à Fontainebleau le 22 septembre, en même temps que la nouvelle de la victoire remportée par Villars sur les Impériaux à Hochstedt, journée dont la gloire devait être effacée, l'année suivante, dans le même lieu, par une des plus humiliantes défaites qui aient été infligées aux armées de Louis XIV.

Le prince passa ensuite cinq années à Versailles dans une vie de piété admirable, au point d'alarmer une cour où s'offrait chaque jour le scandale des mœurs, fuyant les plaisirs par goût et par devoir. Il se laissait aller

Page 1