‹ Fénelon, apologiste de la foi. Leçons données à l'Université catholique de Paris. Second centenaire de Fénelon, 1715-1915Chapitre 122 sur 122 · I. Œ. C, VIII · texte numérisé non relu

I. Œ. C, VIII

Entre toutes les grandes figures consacrées par l'histoire, il y en a peu de plus originales, de plus séduisantes même que celle de Fénelon : de cet esprit à la fois si fin et si mesuré, si épris du ciel et malgré lui si éma des choses de la terre, si docile et si indépendant; de cet cvêque mourant à la peine sous le fardeau des devoirs épiscopaux, pour vouloir défendre par l'exemple la Foi qu'il avait tant défendue par la plume; de cet homme qui était à la fois un vrai citoyen dans l'acception la plus étendue du mot et le plus tendre des amis.

Mesdames et Messieurs, voilà le vrai Fénelon, avec ses qualités et ses imperfections, avec ses clartés et ses énigmes, ses illuminations et ses ombres. Et puisqu'il convient dans ce deuxième centenaire de lui élever une statue, faisons-le ici. Pour n'être pas de marbre, elle sera digne de l'homme que nous voulons célébrer. Elle sera vraie.

Lui est debout, la tête illuminée par un rayon venu du ciel, les yeux fixés sur cette page de l'Evangile : « Le Ciel et la Terre passeront ; mais mes paroles ne passeront point. " , .

Tout autour du piédestal gravitent quatre personnages, symboles vivants de son œuvre de paix et de charité.

Une jeune fille presse sur son cœur le petit volume de YEdiicatioti des Filles, semblable à une statue antique, le port élégant et ferme, le front éclairé par la pensée et le sourire aux lèvres.

Un jeune homme, avec dans la main un sceptre brisé, regarde son vertueux précepteur, modèle de cette piété qui nourrit la vie et enchante les derniers moments.

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Une femiiie lit les Lettres spirituelles, l'âme calme et forte.

Un robuste paysan pousse joyeux sa charrue dans une campagne fertile. Fénelon montre de la main cet homme modeste, le soutien des États. Il semble nous demander de nous intéresser à ce peuple, de l'éclairer en Taimant, de lui expliquer les paroles du Christ qui jaillissent jusqu'à la vie éternelle.

Ainsi l'aristocrate Fénelon nous indique comment se fera la grande réconciliation de demain dont nous pouvons déjà saluer l'aube blanchissante.

Que la France sera belle quand nous nous aimerons tous !

Inclinons-nous devant cette noble figure d'homme, ou plutôt regardons-la en face ; elle nous attirera sans nous éblouir. Si l'humanité entière honore Fénelon, il demeure pour nous une des gloires les plus pures qui auréolent d'or notre France immortelle.

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