Ibid., VIII, p
lui-même ; joignez-y la révolte du prochain contre nos défauts, qui n'est pas moins grande que la nôtre contre les siens. Voilà tous les enfants d'Adam qui se servent ^ de supplice les uns les autres ; voilà la moitié des hommes qui est rendue malheureuse par l'autre, et qui L la rend misérable à son tour ; voilà, dans toutes les na- 1 tions, dans toutes les villCS-j'dans toutes les-communau- ' tés, dans les familles et jusqu'entre deux ahiisf le martyre de l'amour-propre '. »
La direction de Fénelon, dominée par la poursuite v mal de ce invisible, l'orgueil, a un intérêt humain qui nous attache et nous instruit ; elle nous montre le moraliste à côté du prêtre. L'étude du cœur met dans cette cure des âmes, à côté des dogmes et des conseils inflexibles de l'Evangile, un élément nouveau, la raison.
Le monde n'a pas échappé à la fine observation du ^ moraliste. Son regard a démêlé les intrigues des hommes, leurs fiiiblesses cachées, leurs désirs immodérés. Cette I connaissance, il la devait à une heureuse habitude de réflexion profonde, au commerce des hommes, à l'amitié de tous ceux qui le fréquentaient.
Le monde est plein de scandales, d'hypocrisies et v d'égoïsme. Fénelon le dit bien haut pour préparer l'âme à la lutte et à la paix. « Hélas ! Madame, qu'attendiez-vous des hommes ? Vous ne les connaissez donc j pas ? Ils sont faibles, inconstants, aveugles : les uns ne veulent pas ce qu'ils peuvent, les autres ne peuvent pas ce qu'ils veulent. La créature est un roseau cassé ; §i on