IMcL, VIII, p
Fénelon se reconnaît au bon sens, au bon goût de ses conseils ; il a l'esprit juste. « Fuyez les gens qui sont^' rigoureux par chagrin, ou par ostentation, ou par entêtement de nouveauté. Mais prenez garde aussi de ne cher- / cher pas, comme les Israélites, des conseils flatteurs et ( intéressés, des gens amollis par des considérations mondaines, qui mettent, comme dit l'Écriture, des cous-V sins sous les coudes des pécheurs, au lieu de les assujettir par la pénitence ; enfin, des personnes peu éclairées et qui vous tromperont en se trompant elles-mêmes. Cherchez ^ selon toute la lumière que Dieu vous donne, le juste { milieu \ » Ce bon sens il le porte dans tous ses avis. ^
Il apprécie la valeur de la santé pour faire son devoir. Il sait, comme le philosophe antique, la puissance d'une âme saine dans un corps sain. « J'aime mieux que vous^ dormiez huit heures la nuit et que vous payiez Dieu pendant le jour d'une autre monnaie. Il n'a pas besoin de vos veilles au delà de vos forces ; mais il demand-e un esprit simple, docile et recueilli, détaché sans réserve du monde et de soi-même -. »
Jamais directeur n'a mieux connu la grandeur et la^ faiblesse de l'homme, n'a mieux proportionné ses conseils aux états d'âme et aux situations particulières de chacun. "
Fénelon a rendu la vertu possible au milieu du