I. Œ. C, VIII, p
dans ce moment, le premier mouvement d'un cœur accoutumé autrefois à lui est de recourir à sa miséricorde. Il n'a besoin ni du temps, ni de discours pour se faire entendre et sentir. Il ne dit à Madeleine que ce mot : Marie ; et elle ne lui répondit que cet autre mot : Maiire ; c'était tout dire. Il appelle sa créature par son nom et elle est déjà revenue à lui ' »
Fénelon, comme tous les grands écrivains, ne vieillit pas. Il a marqué ses conseils d'un caractère de vérité générale et profondément humain. Le cœur ne change pas. L'âme moderne ne désire rien tant que la paix du cœur. A qui demander cet apaisement ? Ni le monde, ni la politique, ni la culture intellectuelle même ne le peuvent donner. Les esprits fiévreux ont vite fait le tour des plaisirs les plus légitimes et goûté à toutes les gloires les plus pures. Le néant de tout apparaît dans tout son effroi. Il faudrait infuser dans l'âme des goûts qui ne passent point, des sentiments et des espoirs qui demeurent. La paix est là. Le besoin de Dieu postule l'amour de Dieu. « Mon cœur, s'écriait déjà David, n'a connu le repos, ô mon Dieu, qu'en se reposant en toi. »
Mesdames et Messieurs, lisez et relisez les « Lettres spirituelles » de Fénelon : ces lettres d'une sympathie si tendre, d'une intelligence si pénétrante, d'une direction si sûre. C'est là que les âmes blessées par la vie trouveront le baume dont elles ont besoin.