‹ Fénelon directeur de conscience: directeur de conscienceChapitre 118 sur 254 · I. Joann., vn, 38. — 2. Œ. C, VII, p. 232 et suiv · texte numérisé non relu

I. Joann., vn, 38. — 2. Œ. C, VII, p. 232 et suiv

porte à aimer Dieu comme notre père, Thommage filial de la créature envers son Créateur.

On ne saurait accuser Fénelon de chimérique en religion. La piété est la vie de l'Église militante : c'est l'aliment de la vie spirituelle. Les païens euxmêmes ont loué la piété comme le sentiment le plus élevé, le plus pur du cœur de l'homme. Ils l'ont regardée comme l'unique fondement de la bonne foi et de la justice dans l'humanité. La piété a de tels charmes que l'irréligion elle-même ne peut lui refuser toujours l'honneur qui lui appartient. Le monde déclame contre la superstition et l'hypocrisie, mais il rend de secrets hommages à la piété; il la vénère et quelquefois il l'admire.

Tout homme est capable d'aimer et peut, par conséquent, acquérir la piété. Il y a divers degrés dans cette religion du cœur, comme il y a plusieurs sortes de chrétiens : « Vous connaissez, dit Fénelon, son esprit vif et ses longues habitudes; il faut lui passer bien des choses que je ne vous passerais pas. Dieu sait mieux que nous ce qu'il a mis dans chaque homme et ce qu'il doit exiger de lui ^ »

Si la perfection commune suffit au salut, beaucoup d'âmes délicates ne s'en contentent pas. H est coutume de féliciter un soldat qui s'est bien battu, un médecin qui soigne les pestiférés, un prêtre qui arrête un combat meurtrier; tous n'ont fait que leur devoir et ils s'étonnent de se voir tant flattés. Ce qui doit étonner, c'est de faire plus que le devoir; rien n'exige

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