‹ Fénelon directeur de conscience: directeur de conscienceChapitre 12 sur 254 · INTRODUCTION XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIII

Rome est un centre de débauches, de crimes, d'hypocrisie ; il persuade i ces pauvres femmes de fuir» Elles partent ; elles vont dans la solitude, Léta, épouse de Toxoiius, fils de Paula, a une fille, Pauk, comme son aïeule. La mère demande des conseils pour éïever son enfant, Jérôme lui répond par une lettre qu'on peut appeler un traité de i^ Éducation des filles^ si l'on n'oublie pas qu'il s'agit d'une Romaine du v= siècle et d'une en&ni que les vœux les plus ardents appelaient à la vie religieuse K

Jérôme ne sévre pas la petite Paula des tendresses domestiques ; « qu'elle comble son père de caresses, qu'elle soit chérie de tout le monde. » Il la soumet de bonne heure à une discipline sévère^ il entre dans les plas petits détails; rien n'est petit en éducation. Qpe Paula soit élevée sans luse, comme sans excès d^àustcritcs, il reste un grand chemin à parcourir et tl ne faut pas rester au milieu de la route* 11 nous semble entendre Fénelon ; il y a des avis que les mères devraient bien encore méditer, comme celui -ci j de ne jamais laisser leurs enfants avec les bonnes et les serviteurs, de les mener avec elles où elles vont.

Léta ne peut pas élever sa fille dans un milieu tel que Romej Jérôme n'hésite pas à demander cette enfant à sa mère : œ Envoie-la i son aieule et à sa tante... Qu'elle admire, dés ses jeunes ans, celle dont les discours, la tenue, la démarche enseignent la vertu ! » Et le vieillard réclamait une part dans cette éducation : k Si tu envoies la petite Paukj je te promets de me faire son maître et son nourricier* Je la porterai sur mes faibles épaules I Vieillard j je balbutierai avec elle, plus fier de mon emploi qu'Aristotc ne le fut du sien, »

I, Œuvres d^ saint Jérâme (Paris, Wattelier, 1887), p. 220,

La jeune Paula vint plus tard au couvent de Bethléem, elle siirvccut à saint Jérôme ; elle put voir mourir son aïeule, assister à ses funérailles triomphales, entendre réloge funèbre de Jérôme, anéanti devant ce tombeau. « Sois tranquille, Eustochium, tu es riche du plus grand des héritages, ta mère a été couronnée par un long martyre. Ce n*est pas l'effusion du sang qui fait seule le martyre ; Tirrépréhensible servitude d'une âme toute dévoijée à Dieu est aussi un martyre de tous les jours'... »

Nous reconnaissons déjà Fénelon dans ces sentiments d*amitié et ces tendresses de Tâme. Le solitaire de Chatcis, comme l'archevêque de Cambrai, fut un grand cœur.

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