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Lettre à Mme de Gramont. Œ. C, VIII, p

Pour aider votre esprit, lisez, non pas de cette feçon qui n'est qu'une paresse déguisée; lisez pour donner à votre âme des pensées qu'elle ne peut pas toute seule atteindre, et qui doivent être sa nourriture. L'enfant ne peut pas gagner son pain, mais le père le lui apporte, « Lisez peu et méditez beaucoup les vérités que vous trouvez dans le livre. » Cette pensée revient à chaque page dans les Lettres spirituelles.

A une personne qui lui demandait une méthode d'oraison, il répondait en indiquant, en quelques lignes, la double condition de l'humilité et de la lecture réfléchie, principes de toute initiation : « Dès le commencement, représentez-vous un pauvre, nu, misérable, accablé, et qui se meurt de faim; qui n'a qu'un homme à qui il puisse demander l'aumône, et de qui il la puisse espérer;... lisez ensuite ce que vous aurez à lire de l'Écriture sainte ou du livre dont vous tirerez le sujet de votre oraison. Arrêtez-vous après un verset ou deux, pour y faire les réflexions que Dieu vous mettra dans l'esprit ^ »

La lecture n'est pas l'oraison ; c'est un appui indispensable pour les commençants. Elle prépare la parole intérieure de Dieu : « ...Vous connaissez Tendroit où saint Augustin, parlant du dernier moment de sa conversion, dit qu'après avoir lu quelques paroles de Tapôtre, il quitta le livre et ne voulut pas continuer de lire, parce qu'il n'en avait plus besoin, et qu'une lumière de paix s'était répandue dans son cœur. » Quand Dieu nourrit au dedans» on n'a pas besoin de

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