Œ, C, VIII, p
3. Œ. C, VI, p. 72. — En particulier les premières instnictions. La cinquième où Fénelon parle de Saint-C)rr est une indication précieuse pour l'hypothèse que nous acceptons.
MADAME DE MAINTENOK 255
tissements où vous ne pouvez éviter de prendre part. Il y a bien des gens qui veulent qu'on gémisse de tout, et qu'on se gêne continuellement en excitant en soi le dégoût des amusements auxquels on est assujétî. Pour moi, j'avoue que je ne saurais m'accommoder de cette rigidité. J'aime mieux quelque chose de plus simple, et je crois que Dieu même l'aime beaucoup mieux. Quand les divertissements sont innocents en eux-mêmes, et qu'on y entre par les règles de l'état où la Providence nous met, alors je crois qu'il suffit d'y prendre part avec modération et dans la vue de Dieu. Des manières plus sèches, plus réservées, moins complaisantes et moins ouvertes, ne serviraient qu'à donner une fausse idée de la piété aux gens du monde, qui ne sont déjà que trop préoccupés contre elle, et qui croiraient qu'on ne peut servir Dieu que par une vie sombre et chagrine '. ...Quand Dieu met dans certaines places qui engagent à être de tout, au lieu où vous êtes, il n'y a qu'à y demeurer en paix sans se chicaner continuellement soi-même sur les motifs secrets qui peuvent insensiblement se glisser dans le cœur. On ne finirait jamais si on voulait continuellement sonder le fond de son cœur ; et en voulant sortir de soi pour chercher Dieu, on s'occuperait trop de soi dans ces examens si fréquents... La plupart des gens, quand ils veulent se convertir ou se réformer, songent bien plus à remplir leur vie de certaines actions difficiles
1. Œ. C, VI, p. 73. — Avis à une personne de la cour. — Se permettre sans scrupule les divertissements attachés à son état; les sanctifier par une intention pure.
et extraordinaires, qu'à purifier leurs intentions... Dieu ne se paie ni du bruit des lèvres, ni de la posture du corps, ni des cérémonies extérieures : ce qu'il demande, c'est une volonté qui ne soit plus partagée entre lui et aucune créature... qui ne désire et ne rejette rien, qui veuille sans réserve tout ce qu'il veut... Vous me direz peut-être que vous aimeriez mieux être occupée de quelque chose de plus sérieux et de plus solide. Mais Dieu ne l'aime pas mieux pour vous, puisqu'il choisit ce que vous ne choisiriez pas '. »
Les femmes pieuses de la société retiennent ces précieux conseils et les mettent tous les jours en pratique. Elles savent concilier les devoirs de la plus tendre piété avec les exigences de leur état, voire même avec les tyrannies de la mode. J'entends bien l'objection des personnes toutes jeunes de vie et d'amour divin. Si l'on a bien de la peine à défendre son cœur contre le torrent des passions et des mauvais exemples du monde, lorsqu'on est à toute heure en garde contre soi-même, comment pourrat-on espérer se soutenir, si l'on s'expose avec tant de facilité aux divertissements qui empoisonnent, ou qui du moins dissipent avec tant de danger, une âme chrétienne? Fénelon leur répond dans la personne de M°** de Maintenon : tant la vérité fondée sur k connaissance de la vie demeure inébranlable!
« J'avoue le danger, et je le crois encore plus grand qu'on ne saurait le dire. Je conviens de la nécessité