I. Œ. C, VII, p. 228(icr août
point d'approuver les persécutions du pouvoir contre la célèbre communauté; il écrivait en 1709 au duc de Chevreuse : « Un coup d'autorité comme celui qu'on vient de faire à Port-Royal ne peut qu'exciter la compassion publique pour ces filles, et l'indignation contre les persécuteurs. » Cependant il comprenait que l'esprit raisonneur, appliqué de son ami était un résultat de son éducation janséniste, c'est pourquoi il lui dénonçait ces « dévots secs, critiques, dédaigneux ». Le duc n'avait pas profité de hLogiqut d'Arnauld. Une des remarques de ce judicieux ouvrage, c'est que la plupart des erreurs des hommes viennent moins de ce qu'ils raisonnent mal en partant de principes vrais, que de ce qu'ils raisonnent bien en partant de jugements inexacts ou de principes faux. Chevreuse était un type de ces hommes qui raisonnent admirablement, seulement le principe d'où ils partent est contestable. « On était perdu, dit Saint- Simon, si on ne l'arrêtait dès le commencement, parce qu'aussitôt qu'on lui avait passé deux ou trois propositions qui paraissaient simples et qu*il feisait résulter l'une de l'autre, il menait son homme battant jusqu'au bout '. »
On sentait bien qu'il n'avait pas raison, mais il raisonnait si serré qu'on ne trouvait plus le joint pour rompre la chaîne. Le duc de Chevreuse, honnête, appliqué, laborieux, traitant chaque question avec méthode, s'épuisant à combiner les &its et à en tirer des inductions et des conséquences infinies,