‹ Fénelon directeur de conscience: directeur de conscienceChapitre 169 sur 254 · I. Œ. C, Vn, p, 348. — Œ aussi VIII, p · texte numérisé non relu

I. Œ. C, Vn, p, 348. — Œ aussi VIII, p

nité de leur vie touchèrent l'âme de cet homme, tout engourdie et oublieuse de Dieu. D s'adressa à Fénelon pour l'aider à réformer sa conduite. Ce n'est plus le missionnaire qui, timidement, objecte quelque difficulté aux ordres sévères et impolitiques du ministre, le prêtre est devenu le guide et le maître de cette âme malade, attristée aux confins de la vie.

Ce changement d'attitude n'a rien qui puisse nous surprendre. Nous voyons tous les jours la contrepartie; un médecin, à genoux et tremblant le matin aux pieds du prêtre, attentif à ses conseils et à ses avis, le soir donner des ordres au confesseur, taillant dans le vif, s'il est besoin, et exigeant une obéissance passive. Dans les affiiires de conscience, Fénelon prêtre est supérieur au ministre Seignelay; le prêtre est plus haut que les rois, il domine les anges; il ne faut pas l'oublier, le prêtre est un autre Christ.

Fénelon parle à ce malade le langage d'un directeur sûr de sa doctrine, et il le fait avec une franchise salutaire. Il frappe, mais c'est pour guérir; il secoue cet homme endormi, mais c'est pour faire tomber les écailles qui lui cachent la lumière du jour; il ranime cette âme à demi-morte en lui disant la douceur de l'amour, la bonté de Dieu et la gloire du ciel.

Le directeur fait son devoir tout entier; il a des paroles menaçantes ; il montre à ce puissant de h terre la faiblesse de l'homme, le néant des ambitions mondaines, les terribles leçons de Dieu : « Rien n'est meilleur que de vous défier de vous-même. Cest le fruit que vous devez tirer de vos chutes. C'est pour

VOUS humilier que Dieu a permis qu'elles aient été si fréquentes, si longues, si profondes; et après tant de grâces reçues autrefois, vous aviez plus de besoin qu'un autre de tomber de bien haut, parce qu'il faut abaisser votre hauteur qui est extrême et écraser votre orgueil qui se relèverait toujours. Mais la défiance de vous-même ne doit pas diminuer la confiance en Dieu '. »

Dieu c vous humilie en vous instruisant. D'ailleurSj il vous tient dans un état d'impuissance qui renverse tous les projets de votre ambition. Toutes ces hautes pensées, dont vous aviez nourri votre coeur depuis si longtemps, s'évanouissent. Votre sagesse est confondue ^,. Il ne vous reste donc, ou que de retomber dans un aflfreux désespoir, dans Tabîme de Tiniquité, livré a vous-même, au monde insensé et à tous vos tyranniques désirs, ou de vous abandonner sans réserve au Père des miséricordes ' » . Voilà les phrases qu'on trouve trop dures dans la bouche d'un directeur; elles rappellent les imprécations des prophètes d'Israël. On ne saurait juger un auteur par deux ou trois phrases, extraites de toute une correspondance et séparées des autres idées. C'est de la mauvaise critique.

Nous voudrions pouvoir transcrire toute la lettre dans laquelle se trouve la dernière citation. Elle est admirable de dignité sacerdotale, de ton grave, d'émotion profonde et communicative ^.

I. Œ. C, VU, p. 204. — 2. Ihid., p. 209. — - 3. Jhid.y p. 202.

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