I. Saint-Simon, VI, p. 239. Lire la suite
nécessaire et naturel des excès auxquels il s'était abandonné '» M
Rien ne fat négligé pour mener à bien cette éduùition, si importante à TEtat. Le gouverneur et le précepteur s'y donnèrent tout entiers, et ceux qu'ils s'étaient adjoints pour les aider dans leur tâche, Tabbé Heury^ MM, de Langeron, de Beaumont, Dupuy et de TEchellcj ne ménagèrent ni leur temps, ni leurs peines. On vint à bout de ce qu'il y avait de physique dans les colères de T enfant, par un régime dur, presque austère. Lorsque le jeune prince se livre à ses trop fréquents accès de colère^ le gouverneur, le précepteur, tous les officiers et tous les domestiques de la maison se concertent sans affectation pour observer avec lui le plus profond silence. On évite de répondre à ses questions, on le sert en détournant les regards, on lui retire ses livres, on l'abandonne à lui-même. Bientôt, il est frappé de cet abandon, il se reproche sa conduite et il vient se jeter aux pieds de Fénelon qui le console. C'était tout ce que désirait l'habile précepteur.
Il fallait surtout gagner l'affection du jeune prince. « Une âme, menée par la crainte, en est toujours plus faible- » Le mot est de Fénelon. Ce qui manquait au duc de Bourgogne, impétueux et tendre, c'était l'expansion . Élevé au milieu de la froide étiquette de la cour, il ne trouvait autour de lui aucune de ces chaudes affections, dont Tenfance a un besoin si impérieux; sans mère pour le comprendre, à peine