‹ Fénelon directeur de conscience: directeur de conscienceChapitre 176 sur 254 · I. De Bausset, Histoire de Fénelon, liv. L · texte numérisé non relu

I. De Bausset, Histoire de Fénelon, liv. L

aimé par un père engourdi et peu intelligent, aressé de temps en temps par un grand-père entouré d une auréole qui tenait chacun à distance, le pauvre entant royal eût vécu sans trouver un appui véritable, si Fénelon n'eût compris que le vrai moyen de le vaincre était de l'aimer.

D'un autre côté, il ne fallait pas laisser mettre son autorité en question, surtout avec un caractère aussi violent; aussi Fénelon développa une singulière énergie dans la volonté de se faire respecter : « Le plus sûr moyen de maîtriser l'enfance est de l'aimer et de ne la craindre point, de se dévouer sans s'asservir '. » Les enfants ont une stratégie, pleine d'artifices, que le sang-froid peut seul déjouer : céder avec mollesse ou résister avec emportement, c'est se trahir également à ces petits regards pénétrants et impitoyables. Il faut avec eux du caractère et de l'âme, de l'âme pour les attirer, du caractère pour les dominer.

Toutes ces qualités de l'affection, Fénelon les possédait dans un rapport plein d'harmonie; il s'en servit pour prendre sur son élève l'ascendant nécessaire. C'est merveille de voir comme il arrive ainsi à conduire le duc de Bourgogne par l'affection et par la raison, à étouffer les germes de ses vices, à développer les facultés heureuses de son cœur, à mêler les deux existences du maître et du disciple au point de n'en plus faire qu'une, d'habituer d'abord l'enfant et

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