LA SŒUR CHARLOTTE DE SAINT-CYPRIEN
d'un fait évident et qui s'est produit souvent dans rhistoire* Les plus grands mystiques se trouvent dans la solitude des cloîtres* Qui comprendra ces joies, s'il ne les a senties ? il faudrait voir à nu ce cœur de vierge absorbé dans les contemplations du ciel^ cette âme de femme tout embrasée des plus purs désirs, ce visage divin transformé aux brillantes clartés d'en haut. « Son regard^ éclairé par une lumière mîraculeusej raconte le pieux biographe de Sœur Catherine du Carmelj découvrait en toutes choses une telle plénitude de Dieu, que la vue d'une fourmi suffisait pour la ravir ; elle entendait de délicieuses harmonies : les saints descendaient pour l'entretenir des joies de l'heureux séjour où habitait déjà son cœur; souvent elle s'écriait avec l'accent d'une allégresse tendre et naïve : « J'aperçois les vierges qui m'appellent. »
La vie religieuse nécessite donc une direction spéciale. Le monde, dont le bruit ne peut arriver dansces étroites cellules, ne comprend pas toujours ce mysticisme des âmes retirées dans la solitude. A un feu nouveau, il faut une nourriture nouvelle.