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I. Saint Bernard, serm. LXXXIII, in CanU

religieuse contemple ses perfections et le suit dans tous ses mystères : elle l'y suit avec son amour. Elle écoute ses confidences; elle s'ouvre à ses épanchements ; elle vaque à ses plaisirs ; elle partage toutes ses joies; elle entre dans ses ambitions, dans ses jalousies et, au besoin, dans ses colères. Au dedans, au dehors, elle lui tient fidèle compagnie; elle le dédonmiage, elle le console, elle lui sourit.

n n'y a pas lieu de s'étonner de ces familiarités. Dieu est un père; s'il devient l'époux de l'âme fidèle, il lui permet tout. Allez dans les couvents, pénétrez la vie intérieure de cette femme à genoux et souriante dans les austérités effrayantes pour ces membres délicats; demandez-lui la source de son dévouement, le secret de sa force, la raison de ces cris d'amour. Jésus le permet, l'amour se permet tout, c'est Lui qui console, c'est Lui qui sourit, c'est Lui qui attire. La religieuse se montre ici supérieure à l'homme. Si le prêtre, par la vertu de son sacerdoce et la fidélité aux grâces de son état; si le théologien, par la certitude de ses principes et Tévidence des conclusions qu'il en déduit, arrive à la science des mystères de la vie divine dans les âmes, souvent d'humbles et ferventes femmes en ont une expérience plus délicate et plus étendue ; la vie que l'on mène au Carmel, à la Visitation, les sacrifices qu'il a fallu subir pour y entrer, l'âme qu'on y vient offrir à Dieu, âme plus apte à k contemplation que celle de l'homme; sans doute aussi une récompense promise aux héritières des femmes qui, dans l'abandon de tous les disciples, osèrent suivre Jésus-Christ jusqu'à la croix, autant de causes

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