Ihid., I, 2, 20, — II
se laisser guider comme un enfant ^ Toutefois, le directeur ne doit point dominer, mais proposer simplement les choses : « Vous en jugerez, s'il vous plaît : car je ne prétends que vous proposer simplement les choses et vous en laisser T élection libre, sachant que le Fils de Dieu a retranché la domination de l'Église, parlant à saint Pierre^ et ne lui a recommandé que la charité qui doit conduire les âmes par les règles de l'esprit de Dieu qui forme un même jugement et une même disposition intérieure dans le conducteur et dans celui qu*îl conduit pour les proportionner l'un à l'autre, uî fiai œqtialitas^ comme dit l'apôtre ^. »
Avec ces qualités éminentes, il n'est pas étonnant que M. de Saint-Cyran ait eu une influence considérable. Il a été l'âme de Port-Royal. Ce directeur dur, sévère, fait pour les âmes fortes, avait extrait seul sa doctrine des Pères, de la Bible et de l'Évangile. L'Église, d'après lui, était perdue et incapable de diriger les âmes. Sans doute, il pouvait, dans une belle lettre à sainte Chantai, déplorer l'état de l'Église en France : « Ce que vous avez dit ensuite de cette grande ville quelle gaste tout est si véritable que cela passe jusques aux vérités évangéliques qui regardent la morale, lesquelles y reçoivent assez souvent de déplorables altérations 5. » C'était vrai; il ne fallait pas pour cela refuser la direction de l'Église