‹ Fénelon directeur de conscience: directeur de conscienceChapitre 41 sur 254 · I. Saint-Sïmoa dît : « Je ne le connaisâais que de visage n · texte numérisé non relu

I. Saint-Sïmoa dît : « Je ne le connaisâais que de visage n

mais noble et proportionnée; une élocution fecile^ nette, agréable; un air de clarté et de netteté pour se faire entendre dans les matières les plus embarrassées et les plus dures ; avec cela, un homme qui ne voulait jamais avoir plus d esprit que ceux à qui il parlait, qui se mettait à la portée de chacun sans le faire jamais sentir, qui les mettait à l'aise et qui semblait enchanter...

« Retiré dans son diocèse, il y vécut avec la piété et l'application d'un pasteur, avec l'art et k magnificence d'un homme qui n'a renoncé à rien, qui se ménage tout le monde et toutes choses. Jamais homme n'a eu plus que lui la passion de plaire, et au valet autant qu'au maître; jamais homme ne l'a portée plus loin, avec une application plus suivie, plus constante, plus universelle; jamais homme n'y a plus entièrement réussi. Cambrai est un lieu de grand abord et de grand passage; rien d'égal à la politesse, au discernement, à l'agrément avec lesquels il recevait tout le monde...

« Ses aumônes, ses visites épiscopales réitérées plusieurs fois l'année, et qui lui firent connaître par lui-même à fond toutes les parties de son diocèse,. la sagesse et la douceur de son gouvernement, ses prédications fréquentes dans la ville et dans les villages, la facilité de son accès, son humanité avec les petits, sa poUtesse avec les autres, ses grâces naturelles qui rehaussaient le prix de tout ce qu'il disait et faisait, le firent adorer de son peuple; et les prêtres dont il se déclarait le père et le frère, et qu'il traitait tous ainsi, le portaient tous dans leurs cœurs.

PORTRAÏT DE FÉNELON 6$

ft Parmi tant d'art et d'ardeur de plaire, et si générale, rien de bas, de commun, d'affecté, de déplacé, toujours en convenance à Tégard de chacun ; chez lui, abord facile, expédition prompte et désintéressée; un même esprit, inspiré par le sien, en tous ceux qui travaillaient sous lui dans ce grand diocèse; jamais de scandale ni rien de violent contre personne ; tout en lui et chez lui dans la plus grande décence-,, A tout prendre, c'était un bel esprit et un grand homme \ »

C'était une nature fine et exquise, de celles qui mettent leurs qualités dans tout leur jour etaveuglenient même sur leurs défauts jusqu'à les faire aimer.

Cet ascendant que Fénelon exerça sur les coeurs et les imaginations n'a pas disparu avec sa personne et dure encore : il est de ceux que la postérité trouve insuffisants d'admirer et pour qui elle a des indulgences et des complaisances attendries^ tant en eux tout était sympathie.

De la physionomie de Fénelon, Saint-Simon disait tout à r heure : « Elle rassemblait tout et les contrastes ne s*y combattaient point. » Il en faut dire autant de son esprit. Il paraît être le produit d'une double influence, il sent également le gaulois et le grec, le disciple de Descartes et le disciple de Platon,

Parmi nos écrivains aucun ne possède mieux que

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