PORTRAIT DE FÉNELON
les oublie, jamais il ne les néglige. Pendant la querelle du Quiédsme, il supplie Beauvilliers de ne pas penser à lui, de peur de perdre sa situation. Après la Relation sur le Quiétisme, il n'ose répondre aux lettres qu'il reçoit de Versailles, pour ne pas perdre ses autres amis.
n savait le prix de Tamitié et en connaissait les lois et les devoirs : « Pour les vrais amis, il faut les choisir avec de grandes précautions, et par conséquent, se borner à un fort petit nombre. Point d'ami intime qui ne craigne Dieu, et que les pures maximes de religion ne gouvernent en tout, autrement il vous perdra, quelque bonté de coeur qu'il ait. Choisissez autant que vous pouvez vos amis dans un âge un peu au-dessus du vôtre ; vous en mûrirez plus promptement. A l'égard des vrais et intimes amis, un cœur ouvert, rien pour eux de secret que le secret d'autrui... Soyez chaud, désintéressé, fidèle, effeaif, constant dans l'amitié, mais jamais aveugle sur les défauts et sur les degrés de mérite de vos amis; qu'ils vous trouvent au besoin et que leurs malheurs ne vous refroidissent jamais '. »
L'amitié, qu'il porta lui-même aux abbés de Langeron, de Beaumont, de Chantérac, disgraciés comme lui, montre bien que c'était besoin naturel de son cœur de s'épancher dans un autre et qu'il n'a pas aimé ses amis dans l'espoir de rentrer en grâce avec la cour. Il fut un conseiller toujours écouté, parce qu'il se donnait tout entier sans réserve et sans