I. Lettre au chevalier Destouches. Œ. C, VIII, p
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mort *... J'avoue que je me suis pleuré en pleurant un ami qui faisait la douceur de ma vie^ et dont la privation se fait sentir à tout moment. Je me console, comme je me suis affligé, par lassitude de la douleur et par besoin de soulagement *. »
Plus Fénelon avançait dans la vie, plus son cœur devenait aimant pour les chers amis qu'il connaissait si bien, tout en les voyant si peu. C'est un des signes auxquels on reconnaît infailliblement l'élévation du cœur. Celui que les glaces de l'âge, que les inévitables désenchantements de la vie ne rendent ni moins tendre, ni moins prodigue de son affection, qui, en cessant, par la force de l'expérience, de se fier pleinement aux hommes, ne cesse pas de les aimer, celui-là est un de ces êtres rares à qui la Providence a donné cette élévation intérieure qui fait dominer la vie au lieu d'être dominé par elle. Si à cette hauteur d'âme naturelle vient se joindre ce sentiment profond et fort que le vulgaire ignore ou blasphème, et qu'on nomme la charité chrétienne; si, en aimant les autres, on les aime pour Dieu et pour eux-mêmes, le cœur humain atteint dans une certaine mesure à cette perfection de l'amitié pure et désintéressée, qui est un des plus beaux dons feits par Dieu aux hommes. Fénelon ne tient pas ici une place à part ; il faut cependant revenir constamment, en parlant de lui, à ses amis et à l'amitié. Ses amis sont comme une portion de lui-même; jamais il ne