‹ Fénelon directeur de conscience: directeur de conscienceChapitre 5 sur 254 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

Cette incapacité de nous diriger tient surtout à la difficulté de nous bien connaître. La m^me situation^ daire, facile, s'il est question des autres, devient obscure et compliquée^ dès qu'il s'agit de nous. Les eicilations sensibles externes empêchent le plus souvent l'observatioa des mouvements intimes de Tâme. Nous ne pouvons jamais nous désintéresser complètement de nous-mêmes : nous sommes frappés de suspicion légitime dans notre propre cause : aussi, devons-nous, comme le législateur, récuser de plein droit nu juge dont les intérêts sont en jeu.

Qiiand bien même aucune influence ne viendrait arrêter Teffort de la volonté, paralyser les discussions de ta conscience, « il est plus difficile de connaître son devoir que de le faire ^ ».

Tout n'es: pas en morale aussi claire que nous serions disposés à le croire. Si^ dans toutes les circonstances, il en était comme pour les principes premiers, si nous distinguions nettement les deux routes, celle du bien et celle du mal, tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes ; quelques conseils aidant, nous connaîtrionsj comme nos premiers parents avant leur faute, le bon et le mauvais sans aucune crainte de se tromper.

Pratiquement, la démarcation n*est pas aussi bien établie, et il arrive que le mal se livre à de fréquentes incursions dans le domaine du bien. Comme le serpent, il rampe autour de nous, nous séduit, nous enlace, 11 se &it accommodant j il ne nous demande pas de lui donner notre vie entière, mais un seul moment. 11 se fait cauteleux pour obtenir une exception en sa faveur : Vénus s'habille en Minerve ; il faut avoir le courage difficile d'y regarder de près et de se dire qu'un devoir, si agréable à remplir, n'est peut-être pas le devoir. On voudrait sus-

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