‹ Fénelon directeur de conscience: directeur de conscienceChapitre 75 sur 254 · MÉTHODE DE DIRECTION · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE DIRECTION

Fénelon, nommé archevêque de Cambrai, jeta sur Versailles un long regard de tristesse et partit où l'appelait le devoir. Une lettre du 17 février 1695 nous fait connaître ses sentiments intimes; il est reconnaissant au roi de cette nomination : « ... C'est une des plus grandes grâces qu'on puisse recevoir des hommes, mais tout ce que les hommes donnent n'est que vanité et affliction d'tsprity selon les termes de l'Ecclésiaste. J'ai passé une jeunesse douce, libre, pleine d'études agréables et de commerce avec des amis délicieux. J'entre dans un état de servitude perpétuelle en terre étrangère. Quelquefois, je sens un peu ce changement; mais je serais bien fâché de tenir ni à ma santé^ ni à ma liberté, ni à mes amis, ni à

aucune consolation ',,. » Fénelon n'a pas attendu sa disgrâce, comme l'ont imaginé certains historiens, pour trouver le changement de vie dur et terrible pour son cœur,

Louis XrV ordonne au nouvel archevêque de ne plus revenir à la cour; le sujet obéit en silence, Q écrit une dernière fois de Versailles : « Humilionsnous et, au lieu de raisonner sur Toraison, songeons à la faire ; c'est en k faisant que nous la défendrons, c'est dans le silence que sera notre force, » Fénelon , ne devait plus sortir de sa ville épiscopale. Après sa soumission à la condamnation des Maximes des SatntSf ses amis désiraient obtenir un bref d'approbation ; il écrivit à l'abbé de Chantérac : <f Cour ma part, je ne veux point acheter par des bassesses ou par des soumissions ambiguës quelques louanges vagues. J'aime mieux porter la croix et me justifier moimême aux yeux de mon troupeau par ma patience, par mon travail et par ma conduite tout opposée à l'illusion. » Fénelon mit fin à cette controverse avec cette tranquillité un peu fière et, suivant son expression, il se « borna à ses fonctions »-

Moins de deux mois après sa condamnationj il était en tournée épiscopale^ prêchant^ confessant, confirmant : « Divers besoins pressants de ce diocèse m'engageant à partir au plus tôt pour aller feire quelques visites, écrit-il le 28 avril 1699 à Tévêque d'Arras, cette occupation, convenable au profond silence où je veux vivre, sera aussi consolante pour

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