Strowski, Saint François de Sales, p
suite de conseils, d'ordres, de contre-ordres, d'éclaircissements, de distinctions, de discussions fatigue un peu ; nous admirons l'esprit de Fénelon, sa force, sa ténacité, sa clairvoyance à débrouiller les intrigues, nous n'apprenons rien que nous ne sachions par la Réponse à la Relation et par la Réponse aux Remarques, La correspondance de famille nous donne aussi quelques traits de la figure du grand évêque, mais combien épars parmi des renseignements divers qui ne nous intéressent pas. Il en est autrement des lettres de direction. Là, le plus court billet éveille en nous mille souvenirs et le moindre détail glané dans cette correspondance est précieux. Les hommes que nous regardons, nous les connaissons par ailleurs, et notre souvenir s'attache justement à eux parce qu'ils tiennent à l'histoire de la Patrie. Qui n'a lu sans émotion les lettres au duc de Beauvilliers, au duc de Chevreuse, ces grands hommes qui tenaient les destinées de la France ? Quels noms encore ! Le duc de Bourgogne, l'héritier du trône; après l'extrême douleur, le duc d'Orléans, le débauché et l'impie, suprême et terrible ressource. Ce sont le duc de Chaulnes, M"* de Montberon, la pieuse M°* de Beauvilliers et ses sœurs, la duchesse de Chevreuse et M"* la marquise de Mortemart. Il n'est pas jusqu'à ce monde d'inconnues et d'oubliées dont l'anonymat n'excite l'attention. A qui s'adressait Fénelon dans cette lettre si affectueuse? à qui dans celle-là si tendre ? pour qui ces ineffables consolations ? Toutes, elles semblent adressées à nous-mêmes, ces lettres <c d'une sympathie si tendre, d'une intelligence si