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MÉTHODE DE DlRECTtON I45
pas Fénelon qui doute de la nécessité d'un direaeur: ^ Pourvu qu'il (le comte de Gramont) ne fasse aucun pas, même dans le bien^ que par les conseils d'une personne sainte et expérimentée^ tout ira !: iraerveille ', »
l Notre conduite est tout indiquée : obéir à son I directeur et lui ouvrir son âme : « N'obélssesî point j à un hommej parce qu'il raisonne plus fortement ou 1 parle d'une manière plus tranchante qu'un autre, mais parce qu'il est Thomme de la Providence pour vous... Le directeur ne nous sen guère à nous détacher de notre propre senSj quand ce n*est que par ^ notre propre sens que nous tenons à lui =- » Il faut ^ tout dire : « On ouvre son coeur i on guérit ses peines en ne les gardant point ; on s'accoutume à la simplicité et à la dépendance ; car on ne réserve que les choses sur lesquelles on craint de s'assujétir; enfin on s* humilie, car rien n* est plus humiliant que de développer les replis de son cœur pour découvrir toutes ses misères : mais rien n'attire tant de bénédictions. Ce n'est pas qu*U faille dire tout ce qu'on pense; on ne finirait jamais, et on serait toujours en inquiétude, de peur d'oublier quelque chose. Il suffit de ne rien réserver par défaut de simplicité et par une mauvaise honte de l'amour-propre ^ »
Cependant cette confiance ne doit pas être aveugle • f Fénelon, qui nous mettait naguère en garde contre les médiocres directeurs, ne nous abandonne pas à la merci du guide de nos âmes et ne nous enlève pas
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le soin de notre salut pour le confier à autrui: « Obéissez simplement à votre directeur, sans écouter ni votre raison ni votre goût » ; mais il ajoutait : « Vous avez les conseils d'un homme très éclairé et très pieux ^ » Il avait lu les incertitudes de sainte Thérèse, ses changements successifs de confesseurs; il allait voir une sainte âme égarée par les impnidents conseils d'un religieux. Si M"* Guyon avait eu saint Jean de la Croix pour directeur, elle n'eût point goûté les joies de la persécution. Le P. Lacombe était incapable de diriger cette âme nerveuse, forte, enthousiaste que fut M"® Guyon. Le 2 juillet 1690, Fénelon écrivait à Seignelay : « Jésus-Christ veut tellement qu'on soit éclairé sur la loi, qu'il ne veut pas même qu'on s'appuie sur les décisions des gens que l'on consulte, si on a sujet de se défier d'eux et de craindre qu'ils ne soient pas assez exactement instruits. Si un aveugle, dit-il *, en conduit un autre, ils tomberont tous deux ensemble dans le précipice »; il ajoute: « Il ne faut pas cependant courir sans cesse de docteur en docteur, et ne savoir jamais à quoi s'en tenir. C'est une incertitude qui va « troubler la paix de toutes les consciences ^ »
On a parfois accusé Fénelon d'être trop autoritaire. Il serait peut-être imprudent de voir toujours un défaut et une tyrannie dans cette façon d'agir. Si l'autorité, battue en brèche sous le prétexte d'une prétendue égalité,, est devenue si faible et si rare, ne