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l'ame dirigée par fénelon 159
duc de Bourgogne, pour donner à la France un héritier de la piété et de la vaillance de saint Louis.
Fénelon, dira-t-on, qui recommande unt la liberté et Faction, laisse à Tâme peu d'initiative. Voyez cette multiplicité de prescriptions : «f Parmi beaucoup d'onction, de douceur, d'intelligence des choses de la vie, de conseils délicats et sensés pour en accommoder les nécessités avec une piété facile, dominent le raffinement, la subtilité sans bornes, l'excitation à une indiscrète curiosité de soi '. »
Remarquons que le pieux direaeur s'adresse à des femmes du monde ; il devait entrer dans des détails plus minutieux que s'il eût eu, comme Bossuet, affaire à des religieuses dont toutes les aaions sont déjà r^lées par la discipline de leur couvent. Cette critique de Nisard n'a qu'un tort, et un grave, c'est de contredire les maîtres de la vie spirituelle ; le grave historien eût fait preuve de sagesse, en s'abstenant de blâmer dans Fénelon, sous le nom de « multiplicité de prescriptions, de raffinement, de subtilités », les moyens enseignés par les auteurs ascétiques les plus autorisés pour conduire les âmes à la perfection.
Fénelon obéit à deux principes : d'abord, il aime avant tout la netteté. A une religieuse souffirant de son ignorance et troublée par les avis peu déterminés qu'on lui donnait, Ignace de Loyola écrivait (en IS36) : « Je partage votre sentiment et je pense
I. Nisard, Histoire de la Littérature (4 vol. Paris, Didot, 1886), m, p. 377.
l60 FÈKELOK DIKECTEUR DE CONSQEKCE
avec vous que qui précise peu, a peu de capacité pour éclairer et diriger, a Puis il sait que Tessencc de tout exercice est de décomposer les difficultés pour les mieux résoudre une à une, en se rendant plus aisément maître de chacune des difficultés partielles qu'elles enveloppent,
Fénelon ne rend pas Tâme inquiètej il la ve\it tranquille, gaie, pacifique, il combat cet excès de minuties qui fatiguent et empêchent de vivre. H veut plus d'entrain et plus d'emportement pour le bien et, après saint François de Sales, nous dit qu'il ne faut pas tant subtiliser, mais marcher rondement : « La piété n'a rien de faible, ni de triste, ni de gêné; elle élargit le cœur, elle est simple et aimable '. »