‹ Fénelon directeur de conscience: directeur de conscienceChapitre 88 sur 254 · I. Œ. C, vm,p · texte numérisé non relu

I. Œ. C, vm,p

l'ame dirigée par FÈNELON IS7

m aiment Dieu pour lui-même, sinon toujours, au oins sonvent dans leur vie : il parla divinement ie Tamour pur; il savait que des cœurs de vierges pouvaient, dès cette terre, s'unir dans une pensée dVmour avec la Divinité et goûter ici-bas, pendant quelques instants, les joîes prématurées du bonheur eéleste, et il défendit la contemplation contre les :itîiques d'une science incomplète et contre les excès ij'uoe fausse piété. D'autre part, il savait que la perfection commune suffit au salut, fondée sur Tobservaace des commandements de Dieu et des devoirs de son état; aussi, dans les lettres de direaion adressées aux personnes du monde, et ce sont les plus nombreuses, c'est cette perfection qu'il enseigne; pour y arriver, il faut bien des brisements de coeur, bien des larmes et une volonté qui ne défaille point. On a reproché à saint François de Sales de n'avoir qi) un idéal de bon sens, ayant approprié les vertus à notre petitesse, et on se met à « regretter, à un point de vue héroïque et poétique, T absence d'actes estraordioaires ' ». Fénelon, avec son bel idéal, n'a rien dit de plus fon m de plus beau que certains chapitres du Traité de V amour de Dieu \

L'archevêque de Cambrai paraît s*écarter cependant de Tévêque de Genève. De nos jours, les direc- ' teurs de consciences mènent les personnes vers les ouvres extérieures de la charité et du prosélytisme;

T, Strowslti, Saint François de SaîeSy p. 201.

2, Cf. ep partie uUer les derniers chapitres du livre Vl% les prtnniers chapidres du livre Vile, et les chapitres sur b sainte indifférence du livre IX^.

l'activité du sentiment religieux se porte sur A objets extérieurs à Tâme. Le dévot de saint Françoi de Sales, énergique sur lui-même, se refeit lui-même sans dominer les hommes et les choses. Tout 1 xvn* siècle vit des âmes héroïques qui apprirent se connaître, à se réformer, mais incapables d'initiî tive pour les choses du dehors ',

Le xvi« siècle finissant n'avait-il pas abusé à cette force extérieure du sentiment religieux? U gouvernement des curés de Paris, pendant la LigQ^ était devenu un régime de terreur; il était intelligent de ramener la religion au temple intérieur de l'âme. Une religion extérieure, sans principe interne, est nécessairement intolérante. La réforme du cœar est le fondement de la vie publique dans les ÉUff chrétiens.

Fénelon comprit la beauté et l'insuffisance de cette religion. C'est avec une hardiesse irrésistible qu'il cultiva cette piété de l'âme et du cœur : <c TottSi raisonnements sont stériles et infructueux^ si le cœur n'est gagné pour Dieu et c'est à quoi il faut travailler * », et c'est avec une ardeur juvénile qu'il excita les hommes religieux à agir, à parler, i montrer par leurs actes que la religion est le souiJaî des nations : « La piété est utile à tout. » Il retient celui-ci qui ne rêvait que solitude pour mieux se sanctifier; il exhorte celui-là à se montrer bon soldat. Nous verrons quels conseils virils il envoyait aa

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