Œ. C, Vin, p
lyO FÉNELON DIRECTEUR DE CONSCIENCE
ayez d'amour du bien, vous en avez horreur sitôt que vous le voyez... Ce qui est de plus dangereux, c'est qu'il y a de certains maux dont on a moins d'horreur et dont le monde est accoutumé de rire ; il y en a même dont on fait son divertissement... vous devez pour lors gémir dans votre âme, de voir que des enfants de' Dieu puissent prendre plaisir à des choses qui ont causé à Jésus-Christ une tristesse mortelle. C'est là la religion véritable que de se conserver sans tache au milieu du siècle '. »
Alors, comme aujourd'hui, les conversions ou les rechutes faisaient quelque bruit. Le moraliste chrétien, qui connaît les faiblesses des hommes, avertit son correspondant de ne point se scandaliser: « Voilà bien du bruit pour la chute d'un arbre sans racines et attaqué de tous les vents. Après tout, le monde n'a-t-il pas ses hypocrites de probité comme de dévotion? Les faux honnêtes gens doivent-ils nous faire conclure qu'il n'y en a point de véritables?... Que celui qui est debout tremble, de peur de tomber ; que celui qui est par terre croupissant dans la boue, ne triomphe point de voir tomber un de ceux qui avaient paru se soutenir. Notre confiance n'est ni dans les hommes fragiles, ni en nous-mêmes, aussi fragiles que tout le reste, elle est en Dieu seul qui est l'immuable vérité ^ » Il est, semble-t-il, question dans cette lettre à M"^* de Gramont, de M. de Tréville, personnage considérable aux yeux de la société d'alors, et qui