CIC. C, VII, p. 208. A Seignelay
mais, d'ordinaire, quand les forces sont abattues, les eftorts demeurent impuissants. Demandez à ce malade affaibli de se dominer dans un accès de douleur, dans une crise de larmes ; dites-lui de résister à tel désir, de surmonter l'angoisse quil'étreint; il étend vers vous [son regard attristé et sa voix défaillante vous dit tout bas : Impossible, je souffre. L'âme reste immobile, tandis que tout chancelle ; elle quitte déjà ce corps incapable de servir ses desseins. Fénelon sentit, comme le philosophe antique, la puissance d'une âme vigoureuse dans un corps sain ; le mens sana in corpoi^e sano était un adage aussi philosophique que la pensée profonde, dont les lettres d'or ornaient le fronton du temple de Delphes.
Nous connaissons tous la charmante histoire, racontée par saint François de Sales (i). Balaam, monté sur son ânesse, allait trouver Balac. Un ange attendit pour tuer cet homme qui avait mauvaise intention. La bête effrayée recule. Balaam, qui ne voit rien, frappe sa monture, si bien qu'elle tombe épuisée, non sans s'être plainte. Balaam, dit François de Sales, est cause du mal et il bat la pauvre ânesse. Ainsi, il en arrive souvent en nos affaires. Cette femme voit son mari malade ; soudain, elle court au jeune, mais, « chère amie, vous battez le pauvre âne ».
Fénelon est l'élève de l'évêque de Genève: « J'aime mieux que vous dormiez huit heures, la nuit, et que vous payiez Dieu pendant le jour d'une autre monnaie. Il n'a pas besoin de vos veilles au delà de vos forces ; mais il demande un esprit simple, docile et recueilli, détaché sans réserve du monde et de soi-même (2)... La chasse vous est nécessaire pour votre santé : cette raison est décisive ; n'en ayez aucun scrupule (3)...
I. Introduction à la vie dévote, troisième partie, ch, xxiii. a. tlv. C, VIII, p. 461. - 3. Ibid., p. 518.