LE SENS DIC LA UICVOTION
Pour votre santé, il faut la ménager avec précaution, elle a toujours été très faible ; elle doit l'être plus que jamais. A un certain âge, il ne faut plus rien prendre sur le corps; il ne faut abattre que l'esprit (i). »
La nature est un état d'âme, a dit le poète. La beauté existe en dehors de nous ; nous ne créons pas les bois séculaires, ni les ruisseaux bruyants, ni les cieux étoiles ; le beau est indépendant de notre intelligence et de notre sensibilité ; qui n'a connu cependant ces esprits inquiets à la recherche de quelque plaisir qui fuit toujours ? ces malades affaiblis à la poursuite d'une jouissance qui n'existe que dans leur imagination ? ces ouvriers attachés à la glèbe moderne, l'usine ou la mine, au cœur étreint et mort à toute idée morale? Mettez-les devant les plus beaux spectacles de la nature, les pics neigeux de la Suisse, les cataractes de l'Amérique, la mer en courroux ; pas un cri, pas un mot, pas un sentiment ; ce serait une ironie cruelle de les plaindre ; ils sont tristes, et la nature ne rapporte que l'écho de leur âme.
Je hais tous vos plaisirs. Les ileurs et la rosée Et de vos rossignols les soupirs caressants, Rien ne plaît à mon cœur, rien ne flatte mes sens, Je suis esclave (2).
La tristesse est mauvaise conseillère ; non seulement elle rend incapable de comprendre les beautés de l'amour divin, mais elle ruine le corps. « Point de remède, un peu de repos, de liberté et de gaieté d'esprit. Ce qui mettra votre cœur au large soulagera aussi votre corps et soutiendra votre santé. La joie est un baume de vie qui renouvelle le sang et les esprits ; la tristesse, dit l'Ecriture, dessèche les os (3). » Fénelon voulait chez les autres ce qu'il croyait être la volonté du Créateur,