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PÉDAGOGIE DE LA DÉVOTION I

Nous ne pouvons parler ici que de ce qui se passe ordinairement, les choses extranaturelles ne sont pas de notre sujet.

Il y a des moyenspour acquérir la piété, une méthode dictée par la connaissance de l'âme. Nous la retrouvons à chaque pas dans les lettres de Fénelon. Il ne nous dit pas seulement la douceur et la paix del'àme dévote, il nous enseigne le chemin qui conduit à ces joies ineffables.

L'examen de conscience, l'oraison et la pratique de la vie sont toutes les parties de cette pédagogie.

L'antiquité n'avait pas ignoré les moyens de perfection. Le stoïcisme (i) enseignait la pratique de l'examen de conscience, l'école d'Alexandrie (2) avait une théorie complète de la méditation. Tant il est vrai que la conscience humaine ne varie pas.

^La connaissance de soi est le commencement de la perfection. La célèbre maxime de Thaïes : Connais- toi toi-même (3), qu'un autre philosophe formulait ainsi : Habite avec toi-même (4), a été répétée, non seulement par les sages païens, mais encore par les docteurs chrétiens, comme une règle admirable de sagesse. ' Que d'obstacles pour arriver à cette connaissance! Nous nous flattons sans cesse; nous sommes tous sujets à ce charme singulier qui nous dérobe à nos propres regards. Nous n'avons pas de peine à le constater chez les autres, quelque aveugles que nous soyons pour nous; souvent ce spectacle amuse notre légèreté, au lieu qu'il devrait nous inspirer le sérieux de la réflexion. Nos défauts nous font illusion jusqu'à nous paraître des

1. Martha, Les moralistes sous l'Empire romain. L'examen de conscience d'un empereur romain, p. 171.

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