I. Œ. C VII, p
contre les pierres semées dans votre chemin. » Ne rien faire d'éclatant; « il n'est pas question de prêcher, ni de baisser les yeux, mais il s'agit de se taire, de tourner ailleurs la conversation, de ne témoigner nulle lâche complaisance pour le mal, de ne jamais rire d'une raillerie libertine, »
A ce malade cloué sur un lit de douleur, il parle de la croix avec une délicatesse sans exemple. « Quel bonheur de faire une pénitence que vous n'avez point choisie et que Dieu vous impose lui-même... Dieu vous renverse, comme il renversa saint Paul aux portes de Damas, et il vous dit au fond du cœur : Il vous est dur de regimber contre l'aiguillon. Pourquoi me persécutezvous? Après cela, Monsieur, douterez-vous qu'il ne vous aime? S'il ne vous aimait, pourquoi ne vous aurait-il pas abandonné aux désirs de votre cœur (i)?... Les croix sont elles-mêmes propres à nous tenir dans la fréquente présence de Dieu. Qu'y a-t-il de plus naturel quand on souffre, que de chercher du soulagement?... Quand vos maux vous pressent, vous envoyez chercher les médecins et les personnes de votre famille que vous croyez les plus propres à vous soutenir : appelez de même à votre secours le médecin d'en haut, qui peut d'autant mieux connaître et guérir vos maux, que c'est lui qui les a faits par miséricorde... Il est toujours prêt à nous entendre, il sait mieux que nous-mêmes tout ce que nous souffrons. C'est lui qui nous fait souffrir parce qu'il veut nous épargner d'autres souffrances éternelles que nous méritions (2). »
Il est touchant de voir ce prêtre consoler cet homme et le préparer à quitter le monde, en lui montrant un ciel plus beau que toutes les plus nobles clartés d'ici-bas. Un ministre de Louis XIV, encore revêtu de sa puis-