‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 207 sur 250 · I. (!•:. C, VII, p. 247. — 2. Iôi(f · texte numérisé non relu

I. (!•:. C, VII, p. 247. — 2. Iôi(f

dans la lutte avec soi-même, qui n'avance pas recule. « Votre silence, Monsieur, commence à m'attrister. Vous m'avez permis de le réveiller : donnez-moi de vos nouvelles. Si vous n'en avez point de bonnes à me mander, affligez-moi plutôt que de ne me rien dire (i i. » Puis, il le presse davantage, à mesure que le temps passe, avec bonté, mais avec quelle force latente ! Jamais l'autorité, tempérée par un sens exquis de la mesure, n'avait parlé avec tant de profondeur. « Peutêtre que les impressions de grâce, que vous sentez encore, sont les dernières grâces que la miséricorde de Dieu fait à votre cœur. Hodie si voceni epis midieritis , nolite obdtirare corda vestra., .

« Méprisez les armes des hommes ; mais ne méprisez pas les jugements de Dieu. Hélas! je crains pour vous jusqu'à ses miséricordes. Tant de grâces foulées aux pieds se tourneront enfin en vengeances (2). »

La grâce de Dieu répondait aux aspirations de cette âme ; mais ce n'est pas impunément que le cœur est resté, pendant de longues années, étranger aux choses de Dieu. L'attention, la réflexion, la prière deviennent un travail pénible pour les hommes nouveaux du christianisme.

Fénelon connaissait cet état d'isolement mortel, où le monde nous devient étranger, et où nous ne goûtons pas encore les joies infinies de l'amour divin. Aussi avec quelle attention, il donne ses conseils au néophyte : il entre dans tous les détails de la journée, il lui explique les mystères incompréhensibles de la vie spirituelle, il le met en garde contre les découragements, si faciles alors que l'âme pleine d'ardeur, étonnée de ne pas marcher plus vite, s'arrête surprise devant les hauteurs (jui se dérobent toujours. Le vidame, comme jadis

I. (Iv. C., vu, p. 24.S. — 2. Jbid., p. 25S. — 9 février 1707.

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les Apôtres à Jésus, lui demande la manière de prier. Le nouveau Christ répond comme le Maître : ^c Dites-lui tout ce que vous avez sur le cœur, comme on se décharge le cœur avec un bon ami sur tout ce qui atflige ou qui fait plaisir. Racontez-lui vos peines, afin qu'il vous console ; dites-lui vos joies, afin qu'il les modère; exposez-lui vos désirs, afin qu'il les purifie; représentez-lui vos répugnances, afin qu'il vous aide à les vaincre; parlez-lui de vos tentations, afin qu'il vous précautionne contre elles ; montrez-lui toutes les plaies de votre cœur, afin qu'il les guérisse (i). »

Le vidame d'Amiens ne trouvait pas la paix ; il écrit ses tristesses, ses ennuis, ses dégoûts. Le directeur s'afflige ; mais, loin de prendre un ton aigre, toujours néfaste avec un homme découragé, il raisonne ce pauvre malade, il l'excite à se montrer viril, il remet dans ce cœur abattu un baume réconfortant, et Vous ne pouvez vous résoudre à aimer celui qui est souverainement aimable, et qui vous a aimé dès l'éternité, sans vous abandonner dans vos infidélités les plus monstrueuses. Vous ne pouvez renoncer à ce qui vous perdrait, à ce monde qui ne vous aime, ni ne vous aimera jamais, à ces amusements si indignes, que vous n'oseriez les nommer au rang des choses sérieuses. Voilà ce que vous n'avez point de honte de mettre en la place de votre Dieu et de tous ses biens éternels... Le moyen que vous demandez est de lire, de prier tous les jours à certaines heures réservées, de fréquenter les sacrements, de fuir toutes les occasions de dissipation que vous pouvez retrancher sans manquer aux véritables bienséances de votre état ; c'est de vous renouveler souvent pendant la journée dans la présence de Dieu; c'est de vous humilier devant lui, dès que vous apercevez votre

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