‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 208 sur 250 · I. Œ. C, VII, p · texte numérisé non relu

I. Œ. C, VII, p

33^ FIC.NELON DIRECTEUR DE CO.NSCIENXE

dissipation; c'est de revenir doucement à lui, sans vous découraL^er ni impatienter jamais; c'est de vous supporter vous-même dans vos misères et vos indignités ( i). »

Enfin, il lui écrit ces belles paroles : « Il faut se regarder comme un homme qui a pris son parti, qui ne s'en cache point, qui ne rougisse point de Jésus-Christ, quoiqu'il évite toute affectation, qui veut être fixé dans le bien et ne regarde plus en arrière. Il faut lire, prier, mais prier de cœur... Il ne faut pas se rebuter, quoiqu'on éprouve en soi beaucoup de tentations et qu'on fasse même diverses fautes. Laverhi, dit l'Apôtre, se perfecii'onne dans rïnjïruiitc. C'est moins par le goût sensible et par les consolations spirituelles, que par l'humiliation intérieure et le recours fréquent à Dieu, qu'on s'avance vers lui (2). »

Le vidame reçut cette dernière lettre en avril 1709. Le soldat n'avait rien perdu de son courage militaire pendant ces luttes intérieures. Quelques mois auparavant, alors qu'il venait d'être nommé maréchal de camp, il sauva les débris de l'armée par son courage et sa présence d'esprit. Les chrétiens sans reproche sont des soldats sans peur.

La guerre se faisait terrible sur la frontière du nord. Vendôme, incapable de ramener la fortune dans nos rangs, presque heureux- de compromettre le duc de Bourgogne, venait d'être battu à Oudenarde. L'étoile de Louis XIV pâlissait toujours. La retraite fut ordonnée, quand les officiers généraux de la droite et ceux de la maison du roi furent environnés par les ennemis.

Le vidame d'Amiens, silencieux à cause de son âge, voyant les officiers incertains sur la retraite, les exhorta à le suivre et se tournant vers les chevau-légers

I. (IC. C, VII. p. aSo. Lettre du 15 octohn- 1708. — 1. Ibid., p. 287. Lettre du 4 avril i7o<).

Page 1