‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 237 sur 250 · MADAMK DF, LA MAISONFORT · texte numérisé non relu

MADAMK DF, LA MAISONFORT

A une des premières représentations CCEsther, à Saint-Cyr, le roi s'aperçut qu'Elise avait pleuré; on s'informa et l'on sut que Racine, qui conduisait tout dans la coulisse, avait trop grondé Élise et qu'ensuite, pour la rassurer, il lui avait dit de douces paroles et avait même tiré son mouchoir pour lui essuyer les yeux.

Elise était la cousine g-ermainc de Mme Guyon et

s'appelait Marie-Françoise de la Maisonfort (ij. Sa famille, originaire du Berry, était ancienne mais pauvre. Son père lui avait autrefois obtenu un canonicat à Poussai en Lorraine (2), et il l'y conduisit quand elle n'avait encore que douze ans. Cette jeune fille, gincieuse, spirituelle, douce, gag-na l'amitié de l'abbesse, qui la mena à Nancy, au passage de Mme la dauphine(i68o). La princesse la remarqua et lui fit beaucoup d'amitiés.

Le revenu de la prébende était modique. M. de la Maisonfort, qui s'était remarié et ne pouvait plus suffire à l'entretien de sa fille, la fit venir à Paris, en 1686. Son intention était de la faire entrer chez la grande duchesse, en qualité de demoiselle, et de placer sa seconde fille à Saint-Cyr. Chargée de conduire sa jeune sœur, la chanoinesse fut présentée par l'abbé Gobelin. Mme de Maintenon fut séduite par ses grâces et son esprit. Elle en fit bientôt sa confidente ; puis elle désira en faire <> une des pierres fondamentales de son établissement de Saint-Cyr »,mais il fallait qu'elle fut Dame de Saint- Louis. c( Il est grand dommage, écrivait Mme de Maintenon à l'abbé Gobelin (16 octobre 1685), que la chanoincsse n'ait pas de vocation, » Et tous les historiens d'ajouter : cette vocation, on la lui imposa, et c'est h'énelon qui fut chargé de consommer le sacrifice.

Il est triste de voir avec quel sang- froid des esprits sérieux font peser, sans preuves, les plus graves accusations sur des hommes comme h\'nelon. On semble ignorer le caractère di' l'honinu' cjui nion'.ra ])lus ([ue tout autre le plus profond respect de la volonté individuelle ; cjui, plus ((ue tout autre, voulut suivre la lente évolution des âmes iju'il menait dans les

1. IClle »'tait lillcr di Le Maistrc de La Maisonfort, onde niuicriicl Mme (".uyon.

2. De la son iinni de C/tani>iiiisse et son titre de Madanic.

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