Vie de M. de Renty\ par le P. de Saint-Jure
conseils eurent du prix dans les décisions du roi. Fénelon nous apprendra avec plus de raison la place du chrétien dans le monde.
A part cette méprise qui est d'une grande importance, les préceptes et les conseils de M. de Renty tendaient à former le chrétien intérieur ; il ne se contentait pas de l'écorce du christianisme : « Oh ! qu'il est à craindre, écrivait-il, que nous n'abusions du nom et des apparences de dévotion, nous confiant en nos exercices de piété (i). »
Sa piété n'empêchait pas l'exercice de la charité, et il se donnait en exemple à une personne qui le consultait : « Quand je peux, dit-il, je fais trois, quatre, cinq heures d'oraison, mais lorsqu'il se présente quelque occasion de servir le prochain, je la quitte facilement. »
Aime la comtesse de La Châtre, désirant sortir des affections du monde et avancer dans la vertu, s'adressa à M. de Renty ; par ce fidèle et précieux guide, elle gravit les hauts degrés de la plus sublime perfection. M. de Renty avait beaucoup de grâces et beaucoup de lumière pour elle, pour la soutenir dans de grandes peines intérieures et pour lui dire avec énergie ce qui lui était propre. Mme de La Châtre, de son côté, lui rendait une parfaite docilité pour croire ce qu'il lui disait et se faisait force pour l'exécuter.
Le pieux directeur eut la consolation de voir mourir cette femme dans des sentiments les plus chrétiens et dans la joie que donnent les espérances infinies.
Tels étaient ces chrétiens fiers et robustes du grand siècle ; on peut regretter des excès dans les conseils, un laïque n'est pas le docteur né delà vérité divine ; Fénelon, nous le verrons, saura donner la mesure entre les exigences de la vie mondaine et les devoirs impérieux de la