‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 33 sur 250 · Œ. C, VII, p · texte numérisé non relu

Œ. C, VII, p

2. M. Crouslé {Fënelon et Bossuet, I, p. 7) hésite entre les deux affirmations ; ou plutôt il n'hésite pas, cette lettre est une gasconnade.

monde. « Je n'ai pas un cœur de pierre ni des entrailles de fer; je n'ai pas été engendré par les rochers, ni allaité par les tigresses d'Hyrcanie, moi aussi j'ai passé par les déchirements que tu redoutes. » Dira-t-on que ce style imagé, trop fort peut-être, nuit à la vérité de la pensée ? Que Fénelon jette des fleurs sur ce départ douloureux du missionnaire, pour calmer sa peine et les craintes de son correspondant, qui peut s'en offenser ?

Fénelon suspendit l'exécution de son projet ; son oncle, l'évêque de Sarlat, s'employa pour l'en détourner et pour donner une autre direction au zèle du missionnaire. En attendant, il lui résigna un petit bénéfice, le doyenné de Carenac dans le Querci. Jeune et le cœur plein de cette douce gaieté, privilège des hommes sains de corps et d'esprit, à qui la vie n'a pas dit encore toutes ses amertumes, il rendit compte à sa cousine, la marquise de Laval (i), de la prise de possession de son bénéfice. C'est une belle description, fraîche comme le printemps.

Absorbé par des travaux sérieux, tourmenté par des luttes terribles, miné par des chagrins cruels, Fénelon ne rira plus ; il gardera la sérénité des sages ; pas même avec le joyeux Destouches, il ne montrera cette âme enchantée de la nature et des hommes. Ses yeux et ses lèvres souriront encore devant la grâce et la jeunesse ; jamais plus l'âme, oublieuse des choses du dehors, ne s'abandonnera à la gaieté juvénile de ce brillant récit de son entrée à Carenac.

Fénelon se consacra, pendant trois ans, au ministère ecclésiastique dans la paroisse Saint-Sulpice. Le dimanche, il expliquait l'Ecriture sainte au peuple et, tous les jours, il allait soulager les infortunes, consoler

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