‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 62 sur 250 · Étals d'Oraison, liv. X, n. jy · texte numérisé non relu

Étals d'Oraison, liv. X, n. jy

2. ■' On peut aussi inspirer aux âmes pieuses et vraiment humbles, une soumission et consentement à la volonté de Dieu, quand même, par une très fausse supposition, au lieu des biens éternels qu'il a promis aux âmes justes, il les tiendrait, par son bon plaisir, dans des tourments éternels, sans néanmoins qu'elles soient privées de sa grâce et de son amour, qui est un acte d'abandon parfait, et d'un amour pur pratiqué par des saints, et qui le peut être utilement, avec une grâce très particulière de Dieu, par les âmes vraiment parfaites, sans déroger à l'obligation des autres actes ci-dessus marqués, qui sont essentiels au christianisme. »

3. Traité de l'amour de Dieu, livre \'I. — 4. Ibid., livre VI, ch. 2. — 5. Ibid., ch. 3.

l'amour, la contemplation est. produite par l'amour (i); la méditation considère les objets en détail, la contemplation se contente de voir l'objet qu'elle aime, d'une vue simple (2). Enfin la méditation se fait presque toujours avec peine, notre esprit allant par elle de considération en considération, pour chercher l'amour; la contemplation se fait avec plaisir, sans effort, étant une simple vue de l'esprit, qui présuppose qu'on a trouvé Dieu (3). Ce recueillement de l'âme dans la contemplation a pour principe une grâce spéciale (4), qui produit en l'âme un profond sentiment de la présence de Dieu ; quelquefois, c'est un simple repos de l'âfne en Dieu (5), semblable à celui de deux amis qui se contenteraient d'être auprès ou à la vue l'un de l'autre, sans se parler, satisfaits du seul plaisir de se voir et d'être en présence l'un de l'autre.

Ce repos amoureux de l'âme en Dieu suppose et une grâce spéciale qui attire au recueillement et la coopération de l'âme qui acquiesce à l'opération divine. La contemplation sera plus ou moins parfaite, selon que ces deux opérations le sont davantage. Du côté de l'âme, la coopération la plus parfaite consiste à supprimer tous les actes inquiets et empressés que l'âme contemplative ^^ est souvent portée à produire. Du côté de Dieu, la grâce spéciale produit quelquefois la quiétude dans la seule volonté qui prend plaisir à se tenir en présence de Dieu, l'entendement et la mémoire continuant d'agir. La quiétude parfaite saisit toutes les puissances; c'est l'oraison d'union de sainte Thérèse.

La quiétude peut être dans la volonté se)isiblc))ien1 , quand l'âme goûte des douceurs sensibles en présence de Dieu. D'autres fois, elle existe imperceptiblement : le contentement et la paix de l'âme sont secs et presque

I. Traité de l'amour de Dieu, livre VI, ch. ;;. — 2. Ibid., ch. 5. — 3. Ibid., ch. 6. — 4. Ibid., ch. 7. — 5. Ibid., ch.' 8.

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imperceptibles; rame « n'entend point son bien-aimé, ne lui parle point et ne sent aucun signe de sa présence ; ains simplement elle sait qu'elle est là en présence de son Dieu auquel il plaît qu'elle soit là (i ). »

C'est la contemplation la plus méritoire parce qu'elle est plus pure de toute sorte d'intérêt (2).

Le vingt et unième article d'Issy (3) témoignait du sentiment de Bossuet et le grand évèque expliqua la doctrine des mystiques dans son Insirticiion sur les Etais d'Oraison (4).

3° Fénelon et Bossuet s'entendaient parfaitement sur les différents états de la perfection chrétienne ; ils acceptaient la distinction des anciens Pères qui appelaient esclaves les justes qui servent Dieu par la crainte du châtiment, mercenaires ceux qui le servent par le motif de la récompense et enfants ceux qui le servent pour l'amour de lui-même. Ces deux prélats admettaient que ce triple état répondait à la doctrine des mystiques modernes, qui distinguent les trois états de justes, dont le premier est appelé vie purgative, parce qu'on s'y applique principalement à combattre ses vices et ses défauts ; le second, vie illuininative, parce qu'on s'y exerce à la pratique des vertus; le troisième, vieunitive ou état passif, parce qu'on y vit dans une parfaite union avec Dieu et dans une entière dépendance des mouvements de la grâce,

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