Fénelon, Inst. Fa s t., n. lo
objet direct la béatitude éternelle, sacrifiée conditionnellement ; tandis que le sacrifice absolu, a pour objet direct l'intérêt propre, sacrifié absolument, et, pour objet indirect, la béatitude éternelle, sacrifiée conditionnellement.
Fénelon n'a jamais dit autre chose, conformément au yingt-troisièrae article d'Issy, qu'il invoque si souvent.
Bossuet a constamment rejeté ce sacrifice absolu; il nous suffit de remarquer que le sacrijîce absolu de l'intérêt propre, au sens oii Fénelon l'a toujours expliqué dans ses écrits apologétiques, n'a jamais été condamné par l'Eg-lise.
Quelque troublée que soit une àme, elle ne perd que l'espérance sensible et aperçue, c'est-à-dire, les actes réfléchis et discursifs, capables de consoler la partie inférieure ; mais elle ne perd jamais, dans ses actes directs, l'espérance parfaite, qui consiste dans le désir désintéressé des promesses. Un directeur peut autoriser alors une âme au sacrifice absolu de son intérêt propice , entendu dans le sens de la propriété dont on vient de parler; il ne peut jamais lui conseiller, ni lui permettre de sacrifier absolument sa béatitude éternelle, ni, par conséquent, l'autoriser à croire, par une persuasion libre et volontaire, qu'elle est justement réprouvée de Dieu.
Il faut avouer que ces épreuves sont très rares : peu d'âmes sont assez fortes pour les soutenir et pour renoncer à tout appui sensible dans la pratique des vertus. Un directeur ne les supposera donc que dans un jietit nombre d'âmes très pures et très mortifiées, et qui pratiquent depuis longtemps les vertus évangéliques.