‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 76 sur 250 · I. Œ. C, VIII, p · texte numérisé non relu

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plus revenir à la Cour ; le sujet obéit en silence. Il écrit une dernière fois de Versailles ; « Humilionsnous et, au lieu de raisonner sur l'oraison, songeons à la faire ; c'est en la faisant que nous la défendrons, c'est dans le silence que sera notre force. » Fénelon ne devait plus sortir de sa ville épiscopale. Après sa soumission à la condamnation des Maximes des Saints, ses amis désiraient obtenir un bref d'approbation ; il écrivit à l'abbé de Chantérac : « Pour ma part, je ne veux point acheter par des bassesses ou par des soumissions ambiguës quelques louanges vagues. J'aime mieux porter la croix et me justifier moi-même aux yeux de mon troupeau par ma patience, par mon travail et par ma conduite tout opposée à l'illusion. » Fénelon mit fin à cette controverse avec cette tranquillité un peu fière et, suivant son expression, il se « borna à ses fonctions ».

Moins de deux mois après sa condamnation, il était en tournée épiscopale, prêchant, confessant, confirmant. « Divers besoins pressants de ce diocèse m'engageant à partir au plus tôt pour aller faire quelques visites, écrit-il le 28 avril 1699 à l'évêque d'Arras, cette occupation, convenable au profond silence où je veux vivre, sera aussi consolante pour moi que j'ai eu de répugnance à écrire pour me défendre. »

La ville de Cambrai venait d'être réunie à la France par le traité de Nimègue (1678). C'était une place importante, mais toute flamande ; elle était passée avec regret sous la domination du roi de France ; sa position avancée, son commerce, la fertilité des campagnes environnantes en faisait le centre de la contrée.

L'archevêque était duc de Cambrai et les revenus de la mense épiscopale s'élevaient à 200.000 livres : revenus aléatoires, il est vrai, qui rentraient difficilement. TvC maître était un très grand seigneur; le

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palais (i) était magnifique; mais si beau que fût le lieu de l'exil, c'était toujours l'exil.

Consolons-nous. Jamais la correspondance de Fénelon ne sera si active qu'à Cambrai. Nous pourrions presque dire, comme le dernier historien de saint François de Sales : « Il est heureux pour nous que François de Sales ait résidé à Annecy. Les personnes qu'il dirigeait étant presque toutes et presque toujours fort loin de « son petit Annecy », c'est par lettres qu'il s'entretenait avec elles; la direction des âmes remplit sa correspondance (2). »

La correspondance sur le Quiétisme ne nous captive pas. Nous nous intéressons sans doute à cette lutte quotidienne qu'eut à soutenir Fénelon contre des ennemis multiples et puissants. Cette longue suite de conseils, d'ordres, de contre-ordres, d'éclaircissements, de distinctions, de discussions fatigué un peu; nous admirons l'esprit de Fénelon, sa force, sa ténacité, sa clairvoyance à débrouiller les intrigues, nous n'apprenons rien que nous ne sachions par la Réponse à la Relation et par la Réponse aux Reviarqîies.

La correspondance de famille nous donne aussi quelques traits de la figure du grand évèque, mais combien épars parmi des renseignements divers qui ne nous intéressent pas. Il en est autrement des lettres de direction. I>à, le plus court billet éveille en nous mille souvenirs et le moindre détail glané dans cette correspondance est précieux. Les hommes que nous regardons, nous les connaissons par ailleurs, et notre souvenir s'attache justement .à eux parce qu'ils tiennent à l'histoire de la Patrie. Qui n'a lu sans émotion les lettres au duc de Beauvilliers, au duc de Chevreuse, ces

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