‹ Fénelon, directeur de conscienceChapitre 77 sur 250 · Strowski, Saint François de Sales, p · texte numérisé non relu

Strowski, Saint François de Sales, p

grands hommes qui tenaient les destinées de la France ? Quels noms encore ! Le duc de Bourgogne, l'héritier du trône ; après l'extrême douleur, le duc d'Orléans, le débauché et l'impie, suprême et terrible ressource. Ce sont le duc de Chaulnes, Mme de Montberon, la pieuse Mme de Beauvilliers et ses sœurs, la duchesse de Chevreuse et Mme la marquise de Mortemart. Il n'est pas jusqu'à ce monde d'inconnues et d'oubliées dont l'anonymat n'excite l'attention. A qui s'adressait Fénelon dans cette lettre si affectueuse? à qui dans cellelà si tendre? pour qui ces ineffables consolations? Toutes, elles semblent adressées à nous-mêmes, ces lettres a d'une sympathie si tendre, d'une intelligence si pénétrante, d'une direction si sûre, où, de nos jours encore, tant d'âmes blessées par la vie trouvent le baume dont elles ont besoin ( 1 1 ».

Attachons -nous à ces Lettres de direction, monument unique pour les sérieuses et profondes pensées du fond et pour la vivante et claire beauté de la forme. Les critiques, devenus sévères pour l'exilé de Cambrai, ne peuvent qu'admirer cette correspondance spirituelle. C'est le chef-d'œuvre deFénelon. «Toutes les variétésde sentiments, toutes les sortes d'esprit y sont : et quelle connaissance de l'homme et du monde, des ressorts par lesquels se manient les cœurs ! Quel exquis ménagement des intérêts légitimes et quelle délicieuse souplesse pour se couler dans une âme, pour s'établir dans son centre et en régler tous les mouvements ! quelle irrésistible séduction, qui fait l'idéal chrétien aimable et ne l'abaisse pas ! Ces lettres sont l'œuvre où il faut chercher Fénelon tout entier, comme on cherche Voltaire dans les siennes (2^. »

1. D'Haussonville, Revue des Deux -Mondes. le duc de Bourgogne, 1" février, i" avril i<H()7.

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