Œ. C, VIII, p
2. La Bruyère, Les Caractères, ch. >■ des Femmes ". (Éd. Hémardinquer, p. 74.)
la mauvaise fortune, les chefs de famille les plus dévoués à tous leurs devoirs.
Quand on pense à la religion de Fénelon, on n'a dans la mémoire que les mots de contemplation, de passivité, d'abandon ; on se représente une suite de prescriptions difficiles et impossibles ; c'est une terre promise où rie peut entrer que le pur et le saint. Les discussions théoriques de la querelle du quiétisme ont fait tort aux Lettres spirittielles . Une simple lecture suffirait à détruire ce préjug-é; on ne le fait pas, la science légère préfère répéter les opinions figées. La contemplation, cet acte par excellence des mystiques, nous ne voyons pas qu'il Tait souvent conseillée. Il s'est expliqué là-dessus dans une lettre fameuse à la Sœur Charlotte de Saint- Cyprien; nous en reparlerons.
Les lettres de direction de l'archevêque de Cambrai sont le code de la femme chrétienne vivant dans le monde, de l'homme d'Etat qui rend au Ciel ses devoirs, du citoyen qui sert sa patrie et son Dieu. Rien de trop, pour ne pas bribcr les ressorts de l'âme, mais imiter le Christ : Si quis vult post me veiiire, abneget seinetipsuin et tollat crucein simin quotidie, et sequattir vte (i).
Jamais directeur n'a mieux connu la grandeur et la faiblesse de l'homme, n'a mieux proportionné ses conseils aux états d'àme de chacun, n'a mieux démêlé les artifices et les ruses de l'orgueil, les vaines ambitions de l'âme.
La perfection immédiate, les douceurs de l'amour divin, les pratiques extraordinaires, voilà le désir impatient des consciences délicates et ferventes. Elles ne se contentent pas des prières communes, il leur faut des livres élevés, une religion sublime; on en arrive à dédaigner la vie quotidienne et ses devoirs d'état. La paix