Cf- plu
j houl, Lettre III, p.
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état, elle est dans la consommation de Tunité : puisque ce que l'on appelle union plus ou inoins parfaite, est le passage plus ou moins parfait de notre volonté en celle de Dieu.
Pour comprendre ce que je veux dire, il faut savoir que Dieu, attirant l'àme à lui, le fait d'ordinaire par le moyen de la volonté. Cette volonté, se laissant entraîner à un je ne sais quoi qu'elle goûte sans pouvoir ni l'exprimer, ni même le comprendre, attire à elle les autres puissances, et réduit comme à un seul acte simple et indivisible les opérations des autres puissances ; en sorte que toutes ses opérations réduites en un, ne font plus qu'un seul et même acte, qui est également lumière et chaleur, connaissance et amour. C'est ce qui s'appelle union des puissances *, qui n'exige point la mort ou le trépas dont je viens de parler, puisque ce n'est qu'un •acheminement à ce trépas. Il exige cependant le renoncement ou négation de toutes choses, en la manière que je l'ai dit, sans quoi les puissances resteraient toujours multipliées dans leurs opérations et ne seraient jamais réunies.
Sitôt que les puissances sont toutes réunies, Dieu fait une autre opération, qui est de perdre ces puissances en lui dans la même unité ; attirant toute l'ame en lui, qui en est le centre, et la réduisant peu à peu dans son unité, même ea la faisant passer en lui : ce qui s'appelle trépas. Après quoi, il la transforme en lui-même. C'est une véritable extase, mais extase permanente, qui ne cause point d'altération à l'âme qui la souffre, ni dans les sens, parce qu'avant que cette transformation se fasse, il faut que l'âme ait été purifiée de tout ce qu'il y avait en elle de répugnance naturelle ou spirituelle
I . Sur celte union des puissances, que Mme Guyon appelle encore « réduction des puissances en unité » et leur consommation dans le « centre », qui est Dieu, cf. plus loin, Lettres Xll, CXXX, p. 43>
ciëreinent cl non en superficie. Car te! croit n'avoir nulle répugnance, parce qu'il n'est pointexercéet que Dieu ne lui demande rien, qui ensuite éprouve le contraire, lorsque Dieu commence d'user de son pouvoir souverain : car alors toutes ses répugnances, qui paraissent mortes, se réveillent de telle sorte, qu'elles vont jusqu'à la résistance'. H jaun passage dans le livre des hoisqui dit,que c'esl comme le péché tTenchanlement de répugner, c'esteomme ane espèce d'idolâtrie <}ne de ne vouloir pas se soumettre *, Toutes les opérations de Dieu sur l'âme. les gratitiantes et les crucifiantes, ne sont que pour s'unir l'àme. Lesgratifianles unissent les puissances cntreelles, et c'est où il y a plus de douceur que de peine : les crucifiantes' sont pour perdre l'Ame en lui. et elles sont très pénibles. C'est ici ce qui s'appelle union immédiate, union essentielle '. El lorsque cette àmeest beaucouppasséeen Dieu. que la volonté est disparue en ce qu'elle a de désir ou de répugnante, et qu'elle ne se découvre plus, c'est alors que l'union essentielle est véritable, que l'àme est passée de la mort à la nouvelle vie, que l'on appelle Résurrection. L'Ame alors, ne vivant plus en elle-même, étant morte à tout et passée en Dieu, vit de Dieu, et Dieu est
I. Sur ce panaajo de ta répugnance à In réiislincE, cf. Lettre WXVllI. p. g9-iuo.
1. I Roia. XV. lî. Sur la u répugnance » et la o réiislance & l'Eiprit de Dieu ». cï. Fénelon. /luli-ncli'onj. 1. VI, p. in sqq.
3. Pénélon appallera cette aorte d'opèra)iDa divine « i^ration dèlnijaitto B (Ltllra tpirilBrtlet. t. VIII, p. 675, J. 701, g.)
I« aflectione de toute l'àme, ot qui s'eierce par des actes si paisibles et ai unifonnn qu'ils paraiueol comme un seul, quoique ce aoit ptn. aieun actei tiit i^Uemeut distingué!, n (Czpli'atlien des Mnximei, édit. dl., Sri. XLII. vrai, p. lh6■^.}
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sa vie. Plus cette vie nouvelle et divine s'augmente et se perfectionne, plus la volonté se trouve perdue, passée, et transformée en celle de Dieu *. G*est alors que toute. Tâme, réduite en unité divine, est retournée à son principe dans toute la simplicité et pureté où Dieu la demande. Toutes les peines spirituelles, qu*on décrit avec des termes si fort exagérants, ne sont que ce passage de Tâme en Dieu, qui est d'autant plus rude et plus long, que Tâme résiste davantage. Ce n*'est pas le dessein de Dieu de faire souffrir Tâme ; au contraire, il ne prétend que de la rendre heureuse^, comme il est lui-même infiniment heureux, et .comme elle Test en effet, lorsqu'elle est passée en Dieu. Mais comme sa volonté répugne naturellement, même sans le connaître (c'est ce qui s'appelle propriété), comme, dis-je, elle répugne à perdre tout ce qui est d'elle-même et tout ce qui là fait subsister en quelque chose que ce soit, bonne, juste ou raisonnable, (car elle se retranche en tout), il arrive de là que plus la résistance est forte, plus ses peines deviennent violentes, jusqu'à ce que, l'âme étant réduite dans l'impuissance de résister, un plus fort qu'elle l'enlève. Alors elle se rend, non, de son plein gré (à moins qu'elle ne soit extrêmement éclairée), mais comme une personne, qui n'ayant plus de force, se laisse entraîner au courant des eaux ^. Cepenpendant elle fait souvent quelques essais (de résistance), se persuadant qu'elle a encore des forces, mais ses efforts ne servent qu'à lui faire sentir sa faiblesse et son impuissance ; et cela lui arrive tant de fois, qu'enfin elle fait volontairement ce qu'elle ne peut point ne pas faire, que est de céder à Dieu. Et c'est alors que Dieu la reçoit en lui-même.