Jér., Lament., III
Vm. — M^" GUYON A FÉNELOfJ'
La nuit ou mort, opi^rcc par l'activité simple de la créature se fait de cette sorte : C'est une privation de tout, n'admettant dans l'esprit nulle curiosité, ni dans la volonté nul goût, nulle inclination, nul désir; en sorte que la fidélité de la créature consiste à laisser tomber^ tout ce qui s'élÈve : ceci est très important pour l'âme, qui, à force de ne rien admettre, trouve que peu à peu tout désir lui est ôlé, et toute envie de désirer; elle n'a de tendance, nide goût pour rien, et elle regarderait même comme imperfection d'en admettre quelqu'un. C'est jus- . qu'où peut aller la fidélité aciivc. quoique simple de la. créature. Ceci est uu amortissement, et non une mort'. Cet amortissement fait le même effet que le dégoût de manger. Un homme dégoûté n'appMc rien, mais il répugne à quantité de choses. Il n'en est pas de même du mort, qui n'a plus ni appélit ni répugnance : et c'est ce que Dieu fait en opérant la mort, que lui seul peut causer. La volonté véritablement morte, ou pour mieux dire perdue à l'égard de l'homme qui la possédait, est passée en celle de Dieu ; ce qui est le véritable trépas de la volonté. Elle se trouve également impuissante à répugner comme à désirer ; et, lorsqu'elle est réduite à cet