ChI Fénelon: cf. Lettre Vil, p
i. Cf. LeMrc III. p. ai.
5. II est probable que cettte lettre do Mme Gujon rôpond à une lettre perdue de Fénelon. lui demandant des eiplications sur la fin de la Lettre VIL — Sur ce sens do ihcwi, cf. Lettre CXV. p. ïgC et n. S.
6. T. II. LellrcCLIV, p. il7-('i55; Début et dctoièrc phrase, l. V,
7. Eiprcseion nlTcclueuse et familivrc employée par Mme Gujou et
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36 FENELON ET M"»» GUYON
osé espérer un si grand bien, si M. notre curé ne me Fêtait venu offrir. Jugez avec quel plaisir (cette fête étant pour moi ce qu'elle est) mon petit-Maître s'est donné à moi avec un naturel amour ^ Il n'a pas plutôt été dans ma poitrine, que j'ai ressenti un renouvellement de candeur, d'innocence et d'enfance que je ne vous puis exprimer. Je lui ai demandé qu'il vous mît dans l'état où il vous voulait, et qu'il vous fit entrer dans ses desseins ; qu'il fût votre voie et votre conduite ; qu'il vous fît marcher dans sa volonté, et non selon les idées de perfection et de vertus, que vous vous êtes faites. II me semble que cela sera. 0, si vous pouviez comprendre ce qui est de l'entière désappropriation de toutes choses, le peu de cas que Dieu fait de la justice de la plupart des hommes, comment il les examinera même avec rigueur, durant qu'il prend ses délices dans une petite âme bien humiliée et bien anéantie par l'expérience de ses misères, et qui, n'attendant plus rien d'elle-même, espère tout de son Sauveur !
[Souplesse de la volonté humaine à l'aetioa de Dieu dans le pur amour.]
O bonheur infini de l'humiliation et de n'être rien ! Entrez une bonne lois dans les intérêts de Dieu. Aimez la justice qu'il vous fait, et celle qu'il se rend à lui-même.
ses amis, pour désigner Jésus dans l'Eucharistie, comme Maître intérieur des âmes. Fénelon s'en servira souvent ; cf. Lettres à la comtesse de Montberon des 21 et 27 juin 1707, t. VIII, p. 678, g et 679, d : « Ce que je vous demande avec la dernière instance, au nom du petit- Maître , c'est de communier demain matin » ; cf. encore Lettre â la duchesse de Mortemart du 1" février 171 1, t. VII, p. 334, g. : « faire la place nette au petit M. », etc.
I. Tel est le texte du t. V, et voici celui du t. II, qui semble bien n*être qu'un résumé d'introduction : « Mon divin Maître s'est donné à moi cette nuit dans la communion avec un nouvel amour. » D'ailleurs le texte : « Jugez avec quel plaisir, etc. » pourrait bien être tronqué et avoir perdu quelques mots, qui permettaient de constituer deux phrases au lieu d'une.
Je vous proteste dans cette nuit de sa naissance, qui m est si chËre, que, quand je serais mille l'ois perdue, j'aurais toujours un plaisir inQni de ce qu'il s'est bien voulu servir de mol pour vous faire entrer dans les voies de l'anéantissement. Entrez donc dans un amour désintéressé, je vous en conjure, pour réciproquer' l'amour gratuit d'u»- Dieu ; et donnez-vous à lui en sacrifice, afm qu'il vous jette jusqu'au plus profond de l'abime de bouc, où il jeta le roi-prophète^, dont il ne pouvait plus sortir. SoyCï persuade que vos efforts pour en sortir ne serviront qu'à vous y enfoncer davantage ; et c'est la différence qui se trouve entre l'abîme de boue et l'abime d'eau, que dans ce dernier, en faisant quelques efforts, on vient sur l'eau, et, à force de nager, on peut en sortir, mais l'abime de boue est bien diiïérciit< : plus on se remue, plus on enfonce; plus on veut s'aider, plus on se nuit. Il faut, pour n'y être pas |ullbqué, demeurer tranquille et sans se remuer ; de cette sorte, l'on est supporté de la boue, loin d'en être accablé.
Demeurez donc dans la prolondeur d'un cœur humilié, et soyei persuadé avec Job, que quand nos mains, c'est-àdire vos actions, seraient èciatanles comme le soleil. Dieu les enfoncera dans la boae^ : et aussi que, quand vos péchés seraient rouges comme l'écarlale, il les blanchira comme neige*. Ce que Dieu veut de vous à présent est que, désespérant entièrement de vous-même, vous attendiez tout de votre Sauveur, que vous ne vouliez même point d'autre salut, que celui qu'il lui plaira de vous donner.
I. H Monueur, vous pouïM m'oimer l«ot qu'il tous plaira, mais je Q6 puia du tout voua réciproquer. o Propos de bal â Sûnt-Malo, rapporté par Mme de Sévi^ dans une lettre à Mme de Gngaia du S janvier 1676 (Ëdilioa des Grands Ëcrivaina, t. IV, p, 337),