XIV INTRODUCTION
, Cantique, etc. La correspondance, au contraire, suppose que Fénelon a lu attentivement, et médité à loisir, plusieurs ouvrages manuscrits de Mme Guyon, entre autres V Explication du Peniateuque, celle du livre de Job et des Epîtres de saint Paul, la Vie de Mme Guyon écrite par elle-même, etc. * » Ainsi présenté, l'argument ne laisse pas d'être impressionnant, — quoiqu'on puisse avant tout observer que, la Réponse à la Relation étant une des œuvres les plus connues de Fénelon, rien n'était plus simple pour un faussaire, même novice, que de faire, concorder ses lettres apocryphes avec les déclarations de leur soi-disant auteur. Mais, à regarder les textes eux-mêmes, on verra que l'abbé Gosselin les a trop habilement sollicités.
« Pour Job, écrit Fénelon à Mme Guyon, c'est un grand présent, dont je vous remercie^. » Il dit bien l'avoir reçu, il ne dit pas l'avoir lu. — « Je lis moins lentement votre Peniateuque^ », lui écrit-il une autre fois, ce qui ne semble pas trahir un bien vif enthousiasme. Il goûtait peu en effet ces commentaires allégoriques de la Bible *, et n'essayait de s'y intéresser que par amitié déférente pour Mme Guyon : « Je n'y trouve pas ce qu'il me faut^ », lui avouait-il après la lecture de ses Épîtres canoniques ; et, comme elle-même lui recommandait de « quitter une lecture, sitôt qu'elle ne lui convenait pas ^ », il laissait là le livre commencé, sans se faire prier, le gardant pourtant près de lui,